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lundi 9 mai 2011

Clearstream: Lahoud redit avoir ajouté le nom de Sarkozy

Imad Lahoud le 2 mai 2011 à la sortie de l'audience à Paris.



Imad Lahoud a redit lundi, devant la cour d'appel de Paris, avoir ajouté en 2004 le nom de Nicolas Sarkozy sur les listings Clearstream dans le bureau de l'ex-patron des RG, Yves Bertrand, au ministère de l'Intérieur, sur la demande insistante de l'ex-vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin.
M. Bertrand, qui a toujours démenti cette version, était alors inspecteur général dans l'administration policière et avait un bureau au ministère de l'Intérieur, alors dirigé par Nicolas Sarkozy.
"Rajouter le nom du ministre de l'Intérieur au ministère de l'Intérieur? (...) Excusez-moi l'expression, mais c'est drôlement culotté! (...) Il n'y avait pas d'autre endroit?!" s'interroge Mireille Filippini, une des deux juges assesseurs.
"Je crois que c'est vraiment pour cela que Jean-Louis Gergorin a choisi ce lieu, pour que je ne me pose pas de question", a répondu le mathématicien. "On peut toujours désobéir, j'ai eu la faiblesse de ne pas le faire et je m'en excuse encore aujourd'hui."
Selon Imad Lahoud, c'est Jean-Louis Gergorin qui est à l'origine de la manipulation qui a consisté à rajouter des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, sur des listings bancaires, afin de faire croire qu'ils trempaient dans de sombres affaires mafieuses.
"Depuis un petit moment, Jean-Louis Gergorin me demandait (...) de rajouter les noms de Nicolas Sarkozy. Je refusais sans cesse" mais il "se faisait insistant".
Alors un jour, en mars 2004, raconte Imad Lahoud, "j'ai été convoqué dans le bureau de Jean-Louis Gergorin, manu militari, c'est-à-dire qu'il me dit: 'Vous lâchez tout, vous arrivez'".
"Là, poursuit-il, je me rends (...) dans son bureau de Montmorency" et "on repart avec son chauffeur au ministère de l'Intérieur. Nous sommes allés voir Yves Bertrand, et dans son bureau, j'ai rajouté les patronymes de M. Sarkozy, sur la demande de Jean-Louis Gergorin".
"Je sais, aujourd'hui, c'est totalement incompréhensible", ajoute Imad Lahoud, mais "Jean-Louis Gergorin savait que j'hésitais, que je ne voulais pas le faire", alors "il a voulu le faire au ministère de l'Intérieur. (...) Il m'a tordu la main pour faire cette chose".
Réponse de Jean-Louis Gergorin: "cette scène est tout à fait fantasmagorique".

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