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vendredi 13 mai 2011

"Hervé et Stéphane voulaient rencontrer les populations locales"

"Hervé et Stéphane voulaient rencontrer les populations locales"


Les deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, sont retenus en Afghanistan depuis 500 jours. Laurence Bobillier, directrice adjointe de la rédaction nationale de France 3 a répondu à vos questions.

roucette210: A-t-on des nouvelles des otages? Vont- ils bien, et où en sont les négociations en vue de leurs libération?
Laurence BOBILLIER: Nous voulons croire qu'ils vont bien par les informations que nous donnent les négociateurs, mais je n'ai pas personnellement d'informations précises sur ces négociations, d'autant que la prudence et la confidentialité sont de mise comme chaque fois dans ces situations.  
herve: Avez-vous l'impression que la mobilisation a faibli par rapport à d'autres prises d'otages précédentes, comme celles de Florence Aubenas, de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, d'Ingrid Betancourt ou Florence Cassez.
Je ne crois pas que la mobilisation a faibli... Aujourd'hui on a vu partout en France des initiatives de toutes parts, journalistes, citoyens, anonymes et personnalités du monde des médias, ensemble pour dire "libérez-les".  
KHEPER : la médiatisation n'est-elle pas l'occasion pour les ravisseurs de faire monter les enchères ou la pression ?
La médiatisation est une façon de dire notre vigilance, après 500 jours passés sans retour d'Hervé et Stéphane.  
teaspoon: Quels sont les rapports entre la rédaction de France 3 et l'armée après l'enlèvement de vos journalistes? Avez-vous envoyé d'autres journalistes en Afghanistan depuis? Merci et bon courage aux familles et collègues
Merci pour ces mots d'encouragements... Les journalistes qui vont à Kaboul sont en rapport avec l'armée française et ils entretiennent de bonnes relations.  
Noah : Les ministres n'arrêtent pas de nous dire: "On a bon espoir pour eux", "Ca avance"... Mais on ne voit aucun résultat! Pourquoi? Est-ce que la France a déjà perdu la main?
Les négociations sont complexes car le pays est complexe, plusieurs tentatives de libération ont échoué... Nous gardons espoir. Parfois, des paroles de ministres, de politiques, nous ont surpris... mais nous voulons rester mobilisés pour dire à tous et aux autorités de ne pas oublier Hervé et Stéphane, ainsi que les autres otages français dans le monde.  
ceecee : La rédaction de France 3 est-elle impliquée dans des négociations? Ou le Quai d'Orsay la tient-elle éloignée?
La rédaction n'est pas impliquée dans les négociations. C'est l'affaire des services français qui ont fait de même pour faire libérer Florence Aubenas ou encore Georges Malbrunot, Christian Chesnot... France-Télévision envoie un représentant à Kaboul pour suivre au plus près les événements, en alternance avec trois journalistes de notre rédaction.  
James : On parle toujours des deux reporters mais qui sont les cinq autres otages? Ou sont-ils? Est ce le fait qu'ils ne soient pas journalistes que personne ne montre leurs visages?
Non les familles des autres otages ne souhaitent pas que leurs visages soient diffusés, nous respectons leur volonté...  
minhd111 : pourquoi tous les soirs montrez-vous les photos de vos reporters et pas celles des otages d'AQMI ?
Nous en parlons mais nous n'avons pas de portraits des autres otages, nous n'avons que la photo où ils sont sous la contrainte, photo que nous floutons par respect pour eux. Par ailleurs, les familles de ces otages ne souhaitent pas nous donner de portraits.  
trabou : Les reporters ont quitté en douce la base où ils étaient reçus par l'armée française, faisant fi des recommandations de sécurité et avertissements. Le confirmez-vous?
Hervé et Stéphane n'ont jamais quitté en douce la base. Ils ont d'abord suivi le travail de l'armée française, puis, ils ont voulu, comme tout reporter, recueillir le point de vue des populations locales. 
pokepoke : Il se dit autour des machine à café des choses qui si elles sont vraies seraient bien tristes... beaucoup de mes collègues pensent que la libération des otages se fera peu avant l'élection présidentielle. Qu'en pensez-vous?
J'espère de tout coeur qu'elle se fera bien avant. Le processus de négociation n'est sans doute pas lié au calendrier politique français mais plutôt à la situation afghane très complexe.  
maravillosa : Quelles relations entretenez-vous avec les autorités diplomatiques et militaires françaises? Les premières remarques des ministres sur le coût d'une opération de recherche ont-elles laissé des traces et continue-t-on à penser ainsi au ministère?
Nous avons été choqués par les déclarations de l'époque sur le coût des recherches, d'autant que l'information transmise était fausse.. Depuis, il y a des évolutions dans les discours, cette page reste douloureuse mais à présent les relations avec ceux qui, sur le terrain en Afghanistan, travaillent à la libération d'Hervé et Stéphane, sont bonnes.  
lulu47 : Il circule sur internet une "info" qui prétend que les deux journalistes n'étaient plus dans le cadre de leur travail mais qu'ils étaient partis de leur propre chef pour faire de la propagande dans des villages reculés. Que pouvez vous nous dire à ce sujet?
C'est complètement faux, ils étaient dans le cadre de leur reportage et après avoir passé du temps avec l'armée française, ils étaient partis recueillir le sentiment des populations afghanes... avec l'accord du rédacteur en chef de l'émission.  
trabou : A propos de vigilance : le rédacteur en chef de l'émission aurait donné son feu vert à leur incursion en fond de vallée, dites-vous. N'aurait-il pas mieux valu que ce responsable fasse preuve de vigilance et surtout de discernement avant ce feu vert plutôt que maintenant ?
Nous ne pouvons pas incriminer un rédacteur en chef qui dirige une équipe de journalistes, dont la mission est d'informer de témoigner en donnant la parole à tous  
trabou : France 3 participera-elle au paiement d'une rançon, si rançon il y a, puisque les reporters seraient, à vous lire, allés dans ces recoins avec l'accord de leur responsable ?
Je ne sais pas, à ce stade, si France3 devra participer au paiement d'une rançon et oui, Hervé et Stéphane sont partis avec l'accord de leur responsable.  
derrick : Y a-t-il eu des tentatives de libération pour ces journalistes, comme il y en a eu pour les otages au Mali récemment?
Il n'y a pas eu à notre connaissance de tentative par la force, la négociation est la ligne fixée.  
chapon : Comment vivez-vous l'absence de vos confrères à l'intérieur de la chaîne?
C'est très douloureux en interne, la rédaction est traumatisée par l'absence d'Hervé et Stéphane. Dans le même temps une grande solidarité de tout le personnel de France-Télévision s'exprime.  
clement : On sait que le retour n'est jamais facile pour d'anciens otages. Que anticipez-vous pour Stéphane et Hervé pour que leur retour professionnel, s'ils souhaitent poursuivre leur métier de journaliste, se passe dans des conditions optimales?
France-Télévision est une grande entreprise, chacun souhaite leur retour au plus vite et nous responsables de cette rédaction, nous verrons avec eux ce qu'ils souhaitent ... Nous nous entourons également de l'expérience d'anciens otages même si chaque histoire est individuelle.  
initials_cc : Quelles mesures ont été prises depuis l'enlèvement de messieurs Taponier et Ghesquière en matière de sécurité? Pour couvrir les révolutions au Maghreb par exemple?
Les situations sont complètement différentes, tous les journalistes savent que parfois ils doivent prendre des risques, c'est inhérent à notre profession.  
RM : Ne pourrions nous pas réfléchir sur un moyen de protection des reporters, un peu comme la Croix rouge. Les reporters auraient un statut neutre, ils sont là seulement pour informer... Pensez-vous que tous les états seraient enclin à signer un tel pacte pour préserver le droit à l'info... Merci et que tous les otages du monde soient libérés c'est mon plus grand souhait, courage aux familles...
Je crois que cela est difficile car les journalistes sont souvent là ou il y a des problèmes, et en l'occurrence Hervé et Stéphane ne sont pas otages des autorités afghanes mais de talibans... merci pour votre message de soutien et nous partageons le même souhait.  
foudre de guerre : Leur si longue détention ne risque-t-elle pas d'amener les directions de rédaction à refuser dorénavant d'envoyer des journalistes dans les zones de guerre?
Non, le rôle des journalistes est de témoigner de ce qui se passe dans le monde, y compris dans les zones de guerre. C'est notre devoir d'informer. C'est une mission essentielle ...Les journalistes sont là pour voir, montrer, ils sont les yeux des démocratie. 

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