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vendredi 13 mai 2011

Otages retenus depuis 500 jours : «Un cap extrêmement difficile» pour les familles

Thierry Taponier, le frère de Stéphane, participe à la manifestation organisée sur le parvis de France Télévisions.
C'est la plus longue prise d'otage de Français depuis les enlèvements au Liban dans les années 1980. Hervé Ghesquière, Stéphane Taponier et leurs trois accompagnateurs afghans, enlevés en Afghanistan en décembre 2009, sont captifs depuis 500 jours. Retenu pendant 628 jours au Libanle journaliste Jean-Louis Normandin a appelé vendredi à «hurler notre désespoir».Aucune preuve de vie des deux journalistes n'a été communiquée par leurs ravisseurs depuis novembre 2010.

Thierry Taponier : «C'est très usant, moralement surtout»
Pour marquer le coup, une série de manifestations a été organisée ce vendredi par le comité de soutien aux otages, France Télévisions et Reporters sans frontières. «C'est un cap extrêmement difficile. 500 jours, c'est énorme. Pour nous, c'est fatigant, c'est très usant, moralement surtout», a confié sur France 2 Thierry Taponier, frère du reporter Stéphane Taponier. «Cette mobilisation partout avec toutes ces manifestations, cela nous fait chaud au coeur, cela nous aide à tenir malgré ces 500 jours», a-t-il affirmé, ému, sur le plateau du journal de 13 Heures. 

La présentatrice Elise Lucet a précisé que «la mère de Stéphane Taponier s'était rendue à Kaboul il y a quelques jours où elle avait rencontré les négociateurs français, les autorités françaises et afghanes». «Elle (ma mère, ndlr) n'a jamais perdu espoir. Elle a eu des moments de doutes. Le fait de se retrouver proche de son fils, cela lui a redonné du moral, de l'énergie», a souligné le frère de l'otage.

La famille reçue à l'Elysée
 a reçu dans la matinée les familles des deux journalistes à l'Elysée. Cet entretien s'est déroulé en présence des ministres des Affaires étrangères, , et de la Défense, Gérard Longuet. Interrogé sur cvette rencontre, Thierry Taponier, qui n'était pas présent, est resté évasif. «Comme souvent, on parle d'espoir raisonnable». Que les négociations sont en cours. Rien de plus que d'habitude», a-t-il dit.

Alors que le gouvernement est accusé par certains de ne pas en faire suffisamment pour obtenir la libération des deux otages, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, a rappelé un peu plus tard dans la journée : «Sur place, nos moyens sont ceux de notre ambassade à Kaboul, sont pleinement mobilisés et les efforts se poursuivent, en liaison avec les autorités afghanes, pour parvenir à la libération de nos compatriotes. Nous poursuivons nos efforts avec la même ténacité pour nos autres otages au Sahel, en Somalie et à Gaza. Tout est fait, avec la plus grande détermination et responsabilité, pour qu’ils puissent retrouver leur famille et leurs proches.».

Portrait géant à la Maison de la radio, rassemblement à France Télévisions
A Paris, plusieurs centaines de personnes se sont réunies sur le parvis de France Télévisions. Les journalistes, dont Elise Lucet, David Pujadas, Philippe Val, , Laurence Ferrari, étaient nombreux à cette manifestation, où est aussi venu le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. Etaient également présents la compagne d'Hervé Ghesquière et la mère de Stéphane Taponier, ainsi que des membres du Comité de soutien aux otages et des responsables de Reporters sans frontières.

«Les contacts que nous avons pu avoir encore aujourd'hui nous donnent à penser qu'il n'y a pas de mauvaise nouvelle sur les négociations», a dit le président de France Télévisions Rémy Pflimlin.

Des portraits des deux journalistes ont été installés sur les grilles d'une cinquantaine de parcs et jardins. Parmi les autres manifestations, 500 ballons ont été lâchés à Strasbourg. A cette occasion,  l'archevêque de Strasbourg, Mgr Jean-Pierre Grallet, a dénoncé vendredi «la méthode odieuse de la prise d'otage». Un clip enregistré par les comédiens de «Plus belle la vie» sera diffusé avant le feuilleton de France 3 vendredi soir. De son côté, RSF, en collaboration avec l'agence web Hobbynote et le Comité de soutien, a lancé l'opération «Une mosaïque contre l'oubli». Il s'agit d'un site web éphémère (http://500jours.soutienherveetstephane.org), qui invite les internautes à construire une mosaïque virtuelle grâce à la photo de leur profil Facebook.

Du côté des réactions, l'Association Albert Londres, qui remet chaque année le prix le plus prestigieux de la presse française, a réaffirmé à Tunis, où se déroule cette année la cérémonie, «son soutien et sa solidarité» envers les deux journalistes de France 3.
 
VIDEO. 500 jours de captivité en Afghanistan
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