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lundi 2 mai 2011

Yvan Colonna, un troisième procès treize ans après


, 51 ans, le « patriote recherché », longtemps parti « prendre du recul » dans le maquis corse, a toujours clamé son innocence. Non, a-t-il toujours affirmé, il n’est pas « l’assassin du préfet » qu’une implacable « raison d’Etat » s’acharnerait à voir en lui.
Non, martèle-t-il, il n’a jamais participé à l’attaque de la gendarmerie de Pietrosella, où l’arme du crime avait été dérobée quelques mois avant l’exécution de . Ni n’a jamais été membre de ce commando, groupe d’« anonymes » au nombre de sept, dont quatre l’ont accablé avant de se rétracter.
A l’ouverture de son troisième procès, qui débute aujourd’hui devant la Cour d’assises spéciale de Paris, la ligne de défense d’Yvan Colonna semble pourtant floue.
Les débats pourraient être centrés sur la personnalité de l’accusé Face aux juges en 2007 et surtout en 2009, l’option était politique. L’accusé dénonçait « un procès d’Etat », où « le président de la République est au côté des victimes ». L’objectif : discréditer une justice « aux ordres » et engager, hors prétoire, la bataille de l’opinion.
Comme alors, la défense du berger reste « plurielle » : pas moins de cinq avocats, dont les fidèles « Corses » (Mes Antoine Sollacaro, Gilles Simeoni et Pascal Garbarini), le procédurier (Me Philippe Dehapiot) et un nouveau, Eric Dupond-Moretti. Or, le flou est en partie là, dans ce quintet qui n’a pas tout à fait accordé ses violons. Voulue par Yvan Colonna, l’arrivée de Dupond-Moretti, qui avait obtenu l’acquittement en appel d’un des présumés « commanditaires » de l’assassinat du préfet, n’est pas allée sans tensions. Le but reste l’acquittement. Mais l’entrée du célèbre pénaliste dans la défense du berger a infléchi la ligne politique pure et dure de ses confrères de l’île. « Notre stratégie sera fonction de l’attitude des juges », laisse entendre Me Simeoni. Elle pourrait surtout consister à recentrer les débats sur la personnalité d’Yvan Colonna.
L’idée : démontrer que cet homme-là, qui vient d’ailleurs d’épouser une agricultrice de Haute-Corse en prison, n’est pas capable du crime dont on l’accuse. « Ces faits qu’il a toujours niés ne lui correspondent pas », assène ainsi Me Pascal Garbarini.
Aux yeux des parties civiles, pour qui la culpabilité du berger de Cargèse ne fait aucun doute, sa marge est plus étroite. « Seule une reconnaissance de sa participation pourrait lui éviter les 22 ans de sûreté (NDLR : période qui verrouille tout aménagement de peine) », estime l’un de leurs avocats. Me Philippe Lemaire, qui défend la veuve et les deux enfants du préfet rappelle qu’« ils attendent sans haine que la justice passe ». Il assène : « Je ne comprends pas pourquoi cet homme, dont on dit qu’il a changé, n’assume pas ses responsabilités. »

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