Les violences s'intensifient au Yémen. Après le bombardement, vendredi, du palais présidentiel à Sanaa, de nouveaux heurts ont éclaté dans la capitale et à Taëz, dans le sud-ouest du pays.
Le président Ali Abdallah Saleh, qui fait face à une contestation sans précédent du pouvoir qu'il occupe depuis près de 33 ans à Sanaa, a été blessé vendredi dans le bombardement de son palais. Dans un discours dont seul le son a été diffusé, il a annoncé que sept personnes avaient trouvé la mort dans cette attaque, qu'il a imputée à la fédération tribale des Hached, dirigée par Sadek al-Ahmar, qui affronte ses forces dans Sanaa. "Je salue nos forces armées et nos forces de sécurité qui se sont tenues fermement pour faire face au défi lancé par cette bande hors la loi qui n'a rien à voir avec la soi-disant révolution de la jeunesse", a dit le président yéménite.
Le Premier ministre Ali Moujawar devait être hospitalisé samedi en Arabie saoudite après avoir été blessé la veille dans le bombardement. Les présidents de la Chambre des députés, Yahia al-Raï, et du Conseil consultatif, Abdel Aziz Abdel Ghani, et les vice-Premiers ministres pour les Affaires intérieures, Sadek Amin Abou Ras, et pour les Affaires de la Défense et de la Sécurité, Rached Mohammed al-Alimi, blessés dans l'attaque, ont également été transportés samedi en Arabie saoudite pour subir des soins, selon l'agence officielle Saba.
L'opposition condamne un "tournant dangereux"
L'attaque contre le palais a été suivie, vendredi, du bombardement de résidences du camp al-Ahmar dans un quartier du sud de la capitale, non loin de la résidence présidentielle. Samedi, des échanges de tirs se sont poursuivis par intermittence à al-Hassaba, un quartier du nord de Sanaa, secoué pour la cinquième nuit consécutive par de violents accrochages aux obus et aux roquettes, selon des témoins.
Un civil a été tué et plusieurs autres ont été blessés par balles ou des éclats d'obus, a-t-on appris de sources médicales. Des habitants, effrayés par la persistance des violences, continuaient à fuir al-Hassaba, où se trouvent la résidence de cheikh Sadek al-Ahmar, et les quartiers avoisinants, privés d'eau et affectés par des coupures d'électricité. À Taëz, à 270 km au sud-ouest de Sanaa, des accrochages ont opposé samedi des militaires à des hommes armés qui assuraient la protection de centaines de protestataires rassemblés sur la place de la Liberté, où un sit-in avait été démantelé par la force lundi au prix de plus de 50 morts, selon des témoins. Dans le Sud, dix personnes, dont six militaires et quatre membres présumés d'al-Qaida, ont été tuées vendredi dans de nouvelles violences dans la région de Zinjibar, une ville tenue par des extrémistes, selon des sources militaires.
L'opposition parlementaire a exhorté les pays "frères" et la communauté internationale à "agir d'urgence pour sauver le Yémen et son peuple du risque de sombrer dans la guerre" civile. Elle a condamné le "tournant dangereux" pris dans ces combats après les attaques contre "des maisons d'habitants, le palais présidentiel et des installations vitales" du pays, prônant "la lutte pacifique et démocratique".
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