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mercredi 1 juin 2011

Luc Ferry sommé par la droite d'informer la justice

Luc Ferry sommé par la droite d'informer la justice


Les déclarations de Luc Ferry accusant sans le nommer un ancien ministre de pédophilie font des remous dans la classe politique, plusieurs personnalités de la majorité sommant l'ex-ministre de l'Éducation de donner à la justice un nom et des faits précis. 
Le porte-parole du gouvernement François Baroin a commenté cette affaire à l'issue du Conseil des ministres en jugeant "surprenants" les propos de Luc Ferry. "Soit il est détenteur favorisé d'informations qui s'appuient sur des faits et, dans ce cas, il a le devoir de saisir la justice, soit il rapporte des propos qu'il a entendus dans les couloirs et, dans ce cas-là, il n'est plus le philosophe de la rumeur, mais il en devient un acteur essentiel", a-t-il déclaré. 
Lundi soir, sur Canal+, Luc Ferry avait affirmé, sans donner de nom, qu'un "ancien ministre" s'était fait "poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons", assurant tenir cela des "plus hautes autorités de l'État" et notamment d'un Premier ministre. "Si je sors le nom maintenant, c'est moi qui serai mis en examen et à coup sûr condamné, même si je sais que l'histoire est vraie", avait-il expliqué.
Mercredi, interrogé sur le site L'Express.fr, il s'est montré plus mesuré : "Je n'ai aucune preuve ni aucun fait précis sur cette affaire, mais à l'époque où j'étais ministre, j'en ai entendu parler. On m'a rapporté mille choses sur mille ministres, mais je ne dirai jamais rien, à part si cela mettait en danger la République." Contacté par l'AFP, Luc Ferry n'a pas répondu. Plusieurs personnalités de la majorité ont vivement critiqué les propos de Luc Ferry, ministre de l'Éducation de 2002 à 2004 dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, lui reprochant d'avoir livré ces graves accusations sur un plateau de télévision au lieu d'en informer la justice. 
La gauche reste silencieuse
"S'il a des informations, je pense qu'il doit immédiatement en informer la justice", a lancé le chef de file des députés UMP Christian Jacob, "choqué et surpris" que Luc Ferry ait tenu de tels propos sur "un plateau télé". Selon lui, on est en train de "rentrer dans une caricature" de la classe politique. L'ancienne garde des Sceaux Rachida Dati (UMP) a considéré que de telles déclarations relevaient "juridiquement" de "la non-dénonciation de crime". Si Luc Ferry "sait des choses (...), il doit dénoncer les faits (à la justice, NDLR) et indiquer de qui il s'agit, de quels faits il s'agit", a-t-elle déclaré. Elle a souligné : "On a une législation en France qui permet de poursuivre toute personne commettant des actes de pédophilie à l'étranger." Personne n'est intervenu à gauche sur cette affaire.
Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé n'a pas mâché ses mots : "Si on a la conviction qu'il y a eu un délit, voire un crime, on saisit la justice et on ne va pas simplement bavasser dans la presse." Dominique Paillé, vice-président du Parti radical, a pour sa part jugé "déplorables" les propos de Luc Ferry, estimant que l'ancien ministre devait maintenant "s'expliquer", avoir "le courage de dire qui (il visait) et assumer" ses accusations devant la justice. "À force de déballages de cette nature, on salit un peu tout : la République et la démocratie d'une manière générale et sans doute beaucoup d'individus en particulier", a déploré l'ex-porte-parole adjoint de l'UMP. Selon lui, "le balancier, de l'omerta passe au déballage", et "il va falloir que très vite nous puissions le faire revenir à un point médian qui est le point de la justice".

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