Quelque 95 députés UMP et Nouveau Centre ont écrit jeudi soir au premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, pour "condamner" une politisation de cette institution après la publication d'un rapport critique sur la gestion des forces de sécurité.
Dans cette lettre, les signataires - dont Éric Ciotti, les ex-ministres Christian Estrosi et Alain Marleix, Michel Hunault (NC), vice-président de l'Assemblée, Marc Le Fur et plusieurs membres du collectif de La Droite populaire - affirment que ce rapport comporte "un nombre important d'inexactitudes, de raccourcis hâtifs, d'erreurs d'analyse, d'oublis et d'appréciations" qui amène à "s'interroger sur son objectivité".
Évoquant aussi les "lourdes interrogations" sur les auteurs du rapport et leurs liens avec le PS, les députés UMP "regrettent et condamnent cette forme insidieuse de politisation" de la Cour des comptes. "Jamais une telle situation et de tels doutes sur le travail de la Cour n'ont été soulevés." "Il vous revient, insistent-ils auprès de Didier Migaud, "d'apporter toutes les garanties pour que la confiance que les Français placent en (cette) institution soit préservée (et) de prendre des mesures internes vigoureuses pour que ces conflits ne se reproduisent plus et que vous puissiez recommander la démission des membres de la Cour des comptes en cas d'incompatibilité manifeste."
Ollier défend Migaud
Le député UMP (villepiniste) Jean-Pierre Grand a néanmoins jugé vendredi "dangereux" de s'opposer à un rapport voté par une institution de la République, qualifiant de "dérive" le courrier de ses collègues. "C'est toujours dangereux que le Parlement s'oppose à un rapport voté par une institution de la République, majeure et souveraine. Aujourd'hui, la Cour des comptes, demain le Conseil constitutionnel, le Conseil d'État... C'est pour moi une dérive que je ne peux cautionner", a répondu le député de l'Hérault à Éric Ciotti, l'un des initiateurs du courrier.
"C'est un travail honnête qui est fait et rigoureux", a pour sa part estimé le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Ollier. "Ce genre de rapport est déjà sorti dans le passé et Philippe Séguin (NDLR : prédécesseur de Didier Migaud) était réputé pour faire des rapports qui faisaient bien souvent grincer des dents. Donc je ne veux pas, pour moi en tout cas, que l'on interprète un rapport, qui peut être désagréable pour qui que ce soit d'ailleurs, comme étant une opération politique. Ce n'est pas vrai", a insisté le ministre.
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