google news

mercredi 27 juillet 2011

Hécatombe de sangliers dans la baie de Saint-Brieuc

Hécatombe de sangliers dans la baie de Saint-Brieuc


Dix-huit sangliers ont été retrouvés morts mardi dans un estuaire de la baie de Saint-Brieuc. "Trois autres ont été découverts mercredi matin", a indiqué la préfecture des Côtes-d'Armor au Point.fr. Au total, 31 cadavres ont été ramassés depuis début juillet sur le même site, et devant cette hécatombe, les autorités s'emploient à élucider le phénomène. "On en a trouvé deux mardi matin, puis cinq, puis on est passé à dix-sept", puis dix-huit, éparpillés à l'embouchure de l'estuaire du Gouessant et sur un kilomètre en amont, sur la commune de Morieux, a déclaré sur place Philippe de Gestas, le secrétaire général de la préfecture des Côtes-d'Armor.
Certaines carcasses ont été trouvées échouées sur les rives boisées, d'autres flottant dans l'anse de la plage Saint-Maurice, où la vase mêlée aux algues vertes dégage une odeur nauséabonde et irritante. C'est sur ce même site que deux marcassins avaient été trouvés morts le 7 juillet, puis huit - trois laies d'une soixantaine de kilos et cinq petits d'une quinzaine de kilos - le 24. La plupart des animaux trouvés mardi seront autopsiés et différentes analyses seront faites pour déterminer les causes de leur mort, a précisé Philippe de Gestas en indiquant qu'actuellement "on ne privilégie aucune hypothèse".
Algues vertes
Seule certitude, les sangliers de cette compagnie installée depuis environ deux ans dans cette réserve classée Natura 2000 ne "sont pas malades et ne sont pas morts noyés", a-t-il dit. De premières analyses d'eau prélevée le 24 juillet dans une retenue en amont de certains cadavres ont révélé "un résultat en cyanobactérie (microcystis) qui se trouve au-dessus du seuil d'alerte, mais en dessous du seuil de danger" selon la préfecture. "Une des hypothèses que nous émettons est que les animaux aient pu boire l'eau d'un plan d'eau victime d'eutrophisation (prolifération d'algues NDLR) et qui pourrait contenir des cyanobactéries", dont certaines espèces sont toxiques, a dit Gilles Huet, délégué général de l'association Eau et rivières de Bretagne.
Des hypothèses sont émises, mais rien n'est avéré. "On ne peut rien déduire de ce qui a été trouvé pour l'instant", a déclaré la préfecture des Côtes-d'Armor. "On est très inquiets. Comment ne le serait-on pas quand on trouve des animaux morts ? Il faut comprendre ce qui se passe et trouver une solution", a déclaré le maire de Morieux, Jean-Pierre Briens. "Ce que je souhaite, c'est une complète transparence", a-t-il ajouté. 
Polémique
Après la découverte des deux premiers marcassins début juillet, la préfecture avait formellement exclu tout lien possible avec les algues vertes. Cette position avait suscité un tollé des associations environnementalistes, qui dénoncent depuis des années les effets désastreux des marées vertes alimentées par les nitrates agricoles. Les esprits s'échauffent d'autant plus que le phénomène semble s'amplifier. Près de 32 000 m3 d'algues vertes ont été ramassés sur les plages bretonnes mi-juillet, un peu plus qu'à la même période l'an dernier (28 271 m3), selon les chiffres officiels. "On a des moments de grande lassitude, on ramasse les algues un jour, ça revient le lendemain. C'est le tonneau des Danaïdes", soupire Jean-Luc Barbo, vice-président de la communauté de communes de Lamballe, qui coordonne le nettoyage. "On est des élus locaux, on vit là depuis des années. Quand on était petits, c'était notre plage et il n'y avait pas d'algues vertes", dit-il.
Cette année, environ 1 000 tonnes ont été ramassées sur la commune de Morieux, bien moins que certaines années de pic, à 3 500 tonnes, selon le maire. La baie de Saint-Brieuc participe au programme pilote de lutte contre les algues vertes et va lancer en septembre un plan auprès de 700 agriculteurs pour limiter les flux d'azote qui se déversent dans les eaux, favorisant la prolifération des ulves. Ces algues, qui existent à l'état naturel, ne deviennent dangereuses qu'à l'état de décomposition.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire