La législation italienne sur la réglementation des grèves dans les transports est destinée à concilier deux droits fondamentaux inscrits dans la constitution transalpine : le droit de grève et les libertés individuelles dans lesquelles s'inscrit le droit à se déplacer librement. Adoptée en 1990 et confirmée en 2000, la législation interdit les grèves dans les entreprises de transport aussi bien privées que publiques - même les taxis y sont soumis - durant les périodes de vacances.
Les périodes protégées sont du 19 décembre au 7 janvier pour les fêtes de Noël, du jeudi précédant Pâques au jeudi suivant la fête religieuse, du 24 avril au 2 mai pour la fête nationale italienne, du 27 juin au 4 juillet pour les premiers départs en vacances, du 27 juillet au 5 septembre pour l'exode des aoûtiens et du 30 octobre au 5 novembre pour la Toussaint.
Suspension des financements publics
La loi prévoit également une interdiction de grève dans les transports trois jours avant et trois jours après les consultations électorales. En dehors de ces périodes appelées "franchises", la législation impose en cas de grève dans les entreprises de transport la suspension de l'arrêt de travail de 7 heures à 10 heures du matin et de 18 heures à 21 heures.
Une autorité indépendante, dont les membres sont nommés par le président de la République, est chargée de faire respecter la législation. En cas de non-respect des règlements, elle peut sanctionner pécuniairement les syndicats en suspendant les financements publics qu'ils reçoivent.
Extension à l'Europe
Elle peut également imposer individuellement des amendes aux grévistes, sans toutefois arriver jusqu'à un licenciement. Les sanctions sont rares, car tous les grands syndicats qui ont participé à son élaboration la respectent.
Mais la liberté de se déplacer des Italiens peut également être limitée par des grèves induites par des sociétés de transport étrangères qui desservent la péninsule. Rome a donc fait les premiers pas pour étendre sa législation aux réglementations européennes. Tentatives qui se sont heurtées au tabou que représente dans de nombreux pays le droit de grève.
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