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lundi 4 juillet 2011

L'avenir politique de DSK divise

L'avenir politique de DSK divise

Dominique Strauss-Kahn fera-t-il son grand come-back sur la scène politique française ? Pour 51 % des Français, la réponse est "non", selon un sondage Ipsos-Le Point*. L'ex-patron du FMI n'a pas encore récupéré son passeport que les spéculations vont bon train. Quel genre de retour fera-t-il s'il est blanchi des accusations de viol et d'agression sexuelle dont il fait l'objet depuis sept semaines ? Certains le voient revenir, la rage au ventre, et même s'élancer dans la course à la primaire socialiste. D'autres l'imaginent simplement "peser" sur le débat politique ou apporter son soutien à un candidat.
Reste qu'à la question "Dominique Strauss-Kahn a-t-il un avenir politique ?", un quart des sondés répondent "non, certainement pas", 26 % "probablement pas". À l'inverse, 14 % d'entre eux prédisent à l'ex-directeur du FMI un avenir "certain", et 28 % un avenir "probable". Sans surprise, chez les sympathisants socialistes, les chiffres révèlent plus d'optimisme : 57 % conçoivent le retour de DSK sur la scène politique - parmi lesquels, 21 % "certainement" et 36 % "probablement" - contre 40 % qui n'envisagent pas ce scénario. À droite, en revanche, 62 % des sympathisants UMP jugent le retour de DSK en politique impensable, 29 % peu probable.
La primaire chamboulée ?
Les strauss-kahniens, eux, se montrent volontiers optimistes, même s'ils s'en remettent pour l'instant à la volonté de leur mentor. Le député du Doubs, Pierre Moscovici, a notamment déclaré dimanche, lors de l'émission BFM-TV 2012/Le Point/RMC, que DSK devait avoir la "possibilité" d'être candidat au cas où son innocence serait reconnue. Quant aux candidats à la primaire et rivaux potentiels de l'ex-maire de Sarcelles, ils font preuve, de leur côté, d'une grande prudence. Beaux joueurs en apparence, François Hollande et Ségolène Royal se sont, l'un et l'autre, prononcés en faveur d'un éventuel report de la date de clôture des candidatures à la primaire tout en précisant qu'il n'était pas question de changer celle du vote, à l'automne. La présidente de la région Poitou-Charentes a par ailleurs précisé que, tant que DSK n'en faisait pas la demande lui-même, "toute décision intempestive, toute annonce qui irait dans ce sens (serait) prématurée".
Martine Aubry, entrée en lice la semaine dernière, - en vertu d'un "pacte" qui la liait à Dominique Strauss-Kahn et selon lequel ils ne devaient pas se présenter l'un contre l'autre -, s'est, quant à elle, bien gardée de se prononcer ouvertement pour la modification des dates de la primaire. L'ex-première secrétaire s'est contentée, dimanche soir, sur France 2, d'affirmer que "personne n'osera(it) opposer un quelconque calendrier" à DSK s'il souhaitait rentrer dans la course. La maire de Lille ne s'est pas privée de rappeler les liens d'amitié qui l'unissaient à "Dominique", comme elle l'appelle, mais force est de constater qu'elle a surtout pris le soin d'affirmer que sa candidature était maintenue, et ce, quoi qu'il advienne.
Pour l'heure, la ligne officielle du PS est donc celle confirmée par son nouveau premier secrétaire par intérim, Harlem Désir, dimanche, au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI : le calendrier de la primaire ne change pas à moins que Dominique Strauss-Kahn ne fasse lui-même une demande en ce sens. Mais l'ex-patron du FMI en a-t-il seulement envie ? Citée par le JDD, une source socialiste a confié : "S'il sort de l'enfer dans lequel la justice américaine l'a envoyé, ce n'est pas pour se jeter immédiatement dans la lessiveuse du PS..." 
* Sondage Ipsos réalisé par téléphone les 1er et 2 juillet 2011 auprès de 956 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas: sexe, âge, profession du chef de famille, région, catégorie d'agglomération.

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