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vendredi 22 juillet 2011

Le fonds monétaire "à l'européenne", pierre angulaire du sauvetage grec

Le fonds monétaire "à l'européenne", pierre angulaire du sauvetage grec


Le Fonds monétaire international et le Fonds européen de stabilité financière verseront à eux deux 109 milliards d'euros à la Grèce, sur les 160 milliards débloqués. La répartition exacte n'est pas encore connue. Si l'intervention du FMI dans le sauvetage d'un État n'est pas une première, on connaît mal en revanche ce nouvel acteur qu'est le FESF.
Créé en 2010 à l'issue du premier plan d'urgence destiné à sauver la Grèce, il a vocation à devenir une sorte de FME, de "fonds monétaire européen". Son rôle est d'intervenir financièrement auprès des pays de la zone euro en difficulté, mais aussi de prévenir au mieux la dégradation de la situation financière d'un État. Selon le Premier ministre François Fillon, ce fonds est une étape cruciale dans la mise en place d'une gouvernance économique européenne. Une institution "inimaginable il y a deux ans".
Comment ça marche ?
Le FESF contracte des emprunts en bénéficiant de la garantie des États membres de la zone euro. Il peut ensuite allouer ses fonds au soutien des économies en difficulté. Concrètement, le fonds peut emprunter jusqu'à 440 milliards d'euros en s'appuyant sur la garantie des États. À titre de comparaison, dans cette situation, le Fonds monétaire international peut débloquer un montant maximal de 250 milliards d'euros. Si l'on ajoute à cette somme la possibilité d'une participation de la Commission européenne à hauteur de 60 milliards d'euros (qu'elle aura elle-même empruntés à la place de l'État en difficulté), au total près de 750 milliards d'euros seront disponibles en cas d'extrême urgence.
Les chefs d'État européens se sont mis d'accord jeudi pour confier au FESF un rôle préventif, qui lui permettra de venir en aide à des pays dont la dette est menacée par la spéculation. Et cela, avant que la situation ne devienne critique, afin d'éviter que le scénario grec ne se reproduise. "Le FESF bénéficie de la meilleure note donnée par les agences, AAA, ce qui lui permet d'emprunter sans difficulté", confirme Jean-Marc Daniel, professeur d'économie à l'ESCP. "Le fonds utilise ensuite ces emprunts pour racheter la dette grecque arrivée à échéance", précise-t-il.
Le contribuable va-t-il payer ?
Ces emprunts sont répercutés sur les pays garants, qui eux-mêmes doivent s'endetter à l'échelle nationale pour contribuer. La France se porte garante du FESF à hauteur d'environ 110 milliards d'euros. Son implication dans le montant versé à la Grèce ne va pas jusque-là, mais la France devra tout de même s'endetter du montant équivalant à l'aide qu'elle a prévu d'apporter au fonds. D'après François Fillon, ce montant pourrait constituer 15 milliards d'euros de dette supplémentaire d'ici à 2014. Un endettement qui devra bien être financé. Le contribuable devra donc payer indirectement.

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