google news

samedi 30 juillet 2011

Les banques suisses pourraient assumer l'évasion fiscale

Les banques suisses pourraient assumer l'évasion fiscale


Selon certaines estimations de l'Allemagne, l'argent non déclaré et placé en Suisse par ses ressortissants atteindrait 160 milliards d'euros. Combien le fisc allemand a-t-il donc perdu depuis une décennie ? Berlin vient de présenter la note à Berne. Ou du moins, elle lui propose un arrangement : que les banques helvétiques lui versent dix milliards d'euros, et les deux États pourront redevenir de bons amis. 
Cette injonction peut-elle aboutir ? Apparemment oui, l'Allemagne étant de très loin le principal partenaire commercial de la Suisse. En 2009, le volume des échanges entre les deux pays voisins a porté sur 80 milliards d'euros : les importations d'Allemagne représentent plus que toutes celles d'Italie, de France, des États-Unis et des Pays-Bas réunis. Sans oublier que la compagnie aérienne Swiss a été rachetée par Lufthansa en 2005. Les entretiens exploratoires entre la Suisse et l'Allemagne, que Le Point.fr a pu consulter, évoquent une "régularisation du passé". Berne mentionne des "avoirs déposés dans des banques en Suisse n'étant pas ou pas entièrement conformes fiscalement". 
"Montant à neuf chiffres"
Les Allemands ne partent pas seuls au combat. Ils sont suivis des Britanniques, qui estiment pour leur part les avoirs non déclarés de leurs sujets à 55 milliards d'euros, placés dans les établissements financiers de Zurich, Genève et Lugano. Les Grecs y pensent aussi : Athènes espère récupérer une partie des 12 milliards d'euros qui ont pris le chemin de la Confédération. La France se mêlera-t-elle au combat ?
Quoi qu'il arrive, l'ardoise risque d'être salée pour les banques helvétiques. SwissBanking, l'association suisse des banquiers précise : "Nous tablons au moins sur un montant à neuf chiffres [en francs suisses]". Mais cette "amende", qui punit les établissements bancaires, ne s'en prend pas aux fraudeurs eux-mêmes. "Il faut s'attendre à ce que les banques [suisses], à leur tour, se retournent vers leurs clients", estime Patrick Michaud, avocat fiscaliste international installé à Paris.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire