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samedi 16 juillet 2011

Polémique Joly : le PS tente de parler culture

Polémique Joly : le PS tente de parler culture


La voix d'Alain Bashung s'élève dans la cour Saint-Charles. " Demain Paris, demain Paris, aucun cadran n'affiche la même heure, aucun amant ne livre la même humeur..." Aujourd'hui, Avignon pour les socialistes. Et, à la même heure, en ce chaud samedi après-midi de juillet, les participants aux rencontres pour la culture visant à préparer le projet pour 2012 prennent place sous les platanes.
La façade de la chapelle Saint-Charles offre un peu d'ombre. Les candidats à la primaire Martine Aubry et Manuel Valls, en tenue estivale, se saluent cordialement. Mais la veille, ils ont une nouvelle fois laissé paraître un désaccord de fond, Aubry promettant une hausse du budget de la culture de 30 à 50 %, Valls rétorquant qu'il fallait être "plus imaginatif", pour ne pas dire plus crédible, et dénonçant "une addition forte à la fin de la campagne" à force de promesses d'augmentation budgétaire en tout genre. C'est le festival, et les socialistes sont en campagne.
La polémique Eva Joly
À la tribune vont se succéder, devant l'immense panneau citant le créateur du festival Jean Vilar - "le poète a toujours le dernier mot" -, le chorégraphe Boris Charmatz, le metteur en scène Anne-Laure Liégeois ou encore le comédien Denis Podalydès, génial interprète de Nicolas Sarkozy dans La Conquête.
Mais difficile d'ignorer la polémique qui enflamme Paris. Eva Joly etsa volonté de supprimer le défilé militaire du 14 Juillet au profit d'un défilé citoyen, François Fillon qui rétorque que Joly "n'a pas une culture très ancienne des traditions françaises, des valeurs françaises, de l'histoire française".
Course au populisme
Dans un premier temps, les socialistes ont pris leurs distances avec la suggestion de la candidate écolo. Mais la déclaration de Fillon les fait bondir. Aubry dénonce des propos "inacceptables", "indignes d'un Premier ministre". Le premier secrétaire délégué du PS Harlem Désir ouvre le forum en clamant : "Monsieur Fillon, ne sortez pas la culture française comme un revolver contre Eva Joly ou contre vos adversaires politiques !"
En marge de la rencontre, les cadres du parti analysent la sortie, forcément explosive, de Fillon. "Ce qu'a dit Joly est le point de vue classique des écolos, qui n'ont jamais été trop pour mettre l'armée en avant... Mais là, Fillon a répondu de façon vulgaire. D'habitude, c'est le rôle de Copé, mais il y a une course pour consolider l'électorat populiste, vieille France, terroir..."
Fatalisme
Ne sont-ils pas un peu agacés que cette affaire vienne écraser le débat sur la culture ? "Non, à Avignon, on est écrasé par le soleil !" préfère-t-on rétorquer. Et puis un membre de l'équipe Aubry se montre fataliste : "Rappelez-vous après sa déclaration de candidature à la primaire : il y a eu Christine Lagarde au FMI, Ghesquière et Taponier libérés et le remaniement !"
Cette fois, entre Eva Joly et la culture, on en oublierait presque la bataille de la primaire. Pourtant, les candidats ont décidé que c'était l'endroit où il fallait être vu. À l'exception de Ségolène Royal, ils ont tous fait le déplacement. Arnaud Montebourg discrètement, dans la semaine. Martine Aubry, passionnée de culture, tient à rappeler qu'elle y vient tous les ans. Valls nous dit en riant : "L'année dernière aussi, j'étais là, et déjà candidat !" François Hollande arrive dimanche matin pour une journée marathon. Demain à Paris, demain à Paris.

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