Elles étaient 91 banques européennes à participer. Huit d'entre elles ont échoué aux tests de résistance économique, a annoncé vendredi à Londres l'autorité chargée de ces tests, dont les résultats sont publiés en pleine crise de la zone euro. L'Autorité bancaire européenne (EBA) a indiqué que ces banques avaient besoin au total de 2,5 milliards d'euros pour se renforcer et répondre à ses critères.
Le superviseur n'a pas détaillé dans un premier temps le nom ou la nationalité des banques ayant manqué l'examen, chaque établissement concerné et les régulateurs nationaux ayant la priorité pour communiquer à ce sujet. Selon les annonces faites simultanément dans chaque pays par les banques ou les régulateurs, cinq banques espagnoles, une banque allemande, une banque autrichienne et une banque grecque ont échoué. Toutes les banques italiennes, françaises, irlandaises, portugaises, nordiques et britanniques ont réussi le test.
65 % des actifs bancaires européens
Les banques testées, dans 21 pays, représentent 65 % des actifs bancaires européens. L'objectif était de savoir si elles sont a priori capables de traverser une récession de deux ans. Selon les milieux financiers, qui tablaient sur 10 à 15 échecs, les banques espagnoles, allemandes et grecques étaient les plus menacées. Le pays le plus représenté dans la liste passée au crible était de loin l'Espagne avec 25 établissements, devant l'Allemagne (13) et la Grèce (6).
Conscients que le verdict de l'EBA pouvait jeter de l'huile sur le feu dans le contexte explosif de la crise de la dette, les ministres européens des Finances se sont publiquement engagés cette semaine à soutenir les banques qui échoueraient. Mais cela implique que des États déjà au bord de l'asphyxie budgétaire trouvent de nouveaux fonds publics. Un an après de précédents stress tests raillés pour ne pas avoir détecté le naufrage imminent des banques irlandaises, l'Union européenne sait que sa crédibilité est en jeu et l'EBA a promis que l'examen avait été, cette fois-ci, beaucoup plus "sévère".
Des résultats déjà contestés
Pour réussir, les banques devaient pouvoir justifier d'un ratio de fonds propres "durs" - le capital le plus sûr et facilement disponible - supérieur à 5 % dans toutes les situations envisagées. Mais les résultats ont été contestés avant même leur publication. La banque régionale allemande Helaba a annoncé dès mercredi qu'elle avait raté l'examen, tout en faisant part de son "incompréhension" sur la manière d'évaluer ses fonds propres. Jeudi, deux entités espagnoles ont assuré qu'elles avaient passé les tests avec succès..., mais en s'affranchissant de certains critères de l'EBA qu'elles contestent également.
À l'occasion de ces tests, les banques ont dû détailler, pour la première fois, leur exposition au risque dit "souverain", c'est-à-dire les montants de dette publique de pays en difficulté qu'elles ont accumulés. Une information d'importance majeure pour les investisseurs. Un défaut de paiement de la Grèce n'a toutefois pas été formellement pris en compte par l'EBA, ce que certains experts ont vivement déploré. Pour ces tests, l'EBA a élaboré deux scénarios : l'un dit de base, reprenant les principales prévisions macroéconomiques en vigueur ; et l'autre dit "adverse", retenant des hypothèses théoriques de choc économique en 2011 et 2012.
Le scénario de crise prévoit par exemple une baisse de 0,5 % cette année du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro, une chute de 15 % des Bourses européennes et un plongeon des marchés immobiliers. En 2010, 91 banques européennes, pour la plupart les mêmes que cette année, avaient subi les tests et seulement sept avaient échoué : cinq espagnoles, une allemande et une grecque.
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