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vendredi 8 juillet 2011

Vers une banalisation des épisodes de sécheresse

Vers une banalisation des épisodes de sécheresse


La vague de sécheresse du printemps 2011, qualifiée d'exceptionnelle, ne l'était pas tant que ça. C'est ce que révèle le rapport Climsec, élaboré par Météo-France au cours de ces trois dernières années. Cette étude de l'impact du changement climatique sur les pluies et les réserves en eau des sols établit des projections alarmantes : à partir de la moitié du XXIe siècle, les phénomènes de sécheresse inhabituels seront plus fréquents et plus intenses, malgré des précipitations constantes. En cause : une évaporation de l'eau présente dans les sols due à l'augmentation des températures moyennes. Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) table sur une hausse moyenne des températures mondiales de 1,1 à 6,4 °C d'ici à la fin du siècle. 
"Nous observons déjà une tendance à l'assèchement des sols, significative pour la moitié sud du pays et une partie du nord-est, explique Jean-Michel Soubeyroux, climatologue à Météo-France. Mais à partir de 2050, le phénomène va s'intensifier." Après 2080, le taux de précipitation devrait, en outre, diminuer. La sécheresse pourrait alors devenir extrême sur la majeure partie du territoire.
Conséquences agricoles
L'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA) estime qu'il n'y a pas un impact global du changement climatique sur le secteur agricole mais des effets plus ou moins marqués en fonction des cultures, des régions et des saisons. "La sécheresse va augmenter en toute saison. Donc le monde agricole sera forcément impacté", précise Jean-Michel Soubeyroux.
Le déficit en eau de ces derniers mois s'est traduit par un manque de fourrage pour les bêtes, des surcoûts liés à l'achat et au transport de la paille mais aussi par une altération des récoltes, une baisse des rendements et une augmentation de l'abattage de bovins. Si l'État, les banques et les assurances se sont mobilisés face à cette situation exceptionnelle, sa banalisation pourrait changer la donne.
Dégâts matériels
De longues périodes de sécheresse peuvent par ailleurs provoquer un tassement du sol et une dislocation des fondations des habitations, des ponts ou encore des installations industrielles. Il s'agit d'un phénomène naturel qui touche les structures construites sur des sols argileux. En l'absence d'eau, l'argile se tasse mais, lorsqu'il pleut de nouveau, l'eau fait gonfler le sol. Des tensions se créent alors sur les murs des maisons, qui ne résistent pas et se fissurent. Dans le pire des cas, les bâtiments peuvent s'effondrer. 
En France, près de 400 000 maisons sont construites sur des sols classés en "zone d'aléa fort", selon le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM). Une étude de la société de réassurance Swiss Re estime que les dommages matériels causés par ce tassement du sol s'élèvent à 340 millions d'euros par an en France. Dans certaines régions, les sinistres devraient augmenter de 50 % entre 2021 et 2040.

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