Le Premier ministre François Fillon dévoilera mercredi l'ampleur et le détail d'un plan de rigueur rendu inévitable par une croissance molle et par sa volonté de respecter les engagements financiers "intangibles" de la France. Le Premier ministre dévoilera en même temps des prévisions de croissance révisées pour la France en 2011, selon la ministre du Budget Valérie Pécresse.
"Les perspectives budgétaires et financières s'appuient sur un cadrage macro-économique (...) et déterminent le quantum d'efforts à accomplir. Ce cadrage macro-économique sera présenté avec les mesures ce soir", a déclaré la ministre du Budget, porte-parole du gouvernement.
Le suspense prendra fin à 18 heures lors d'une conférence de presse de François Fillon, qui s'exprimera ensuite sur le plateau du 20 heures de TF1. Aucun chiffre n'a été rendu public sur l'ampleur des efforts demandés aux entreprises et aux ménages, mais, selon le président de la CGPME Jean-François Roubaud, qui s'est entretenu lundi avec le Premier ministre, le gouvernement rechercherait 4 milliards d'euros cette année et 10 milliards l'an prochain.
Hausse ciblée d'impôts
Une multitude de pistes ont été évoquées par les parlementaires, les ministres eux-mêmes et la presse. Deux au moins auront valeur de symboles. Le gouvernement pourrait revenir en partie sur une mesure phare du quinquennat, la défiscalisation des heures supplémentaires. Il pourrait aussi taxer les "ultrariches". Mais, dans un cas comme dans l'autre, d'ultimes arbitrages étaient encore attendus mardi soir.
Seize très grandes fortunes françaises, dont Liliane Bettencourt, se sont déjà déclarées prêtes à apporter une "contribution exceptionnelle", mais "raisonnable" à la réduction des déficits publics. L'opinion devrait se montrer plutôt réceptive aussi. Selon un sondage Ifop publié mardi, 54 % des Français estiment que la dette représente "un problème très grave qu'il faut traiter sans attendre, quitte à prendre des mesures douloureuses et difficiles".
Du côté des entreprises, on parle d'un encadrement plus rigoureux du dispositif de report des déficits, dont bénéficient surtout les grands groupes, ou du relèvement du forfait social que les entreprises versent sur l'intéressement ou l'épargne salariale. Les propriétaires de logements locatifs auront les yeux rivés sur le dispositif Scellier avec une réduction d'impôt, qui pourrait être ramenée de 22 à 15 %, et les futurs propriétaires sur le prêt à taux zéro, qui pourrait devenir moins favorable pour l'acquisition de logements anciens. Mais de nombreuses autres niches sont dans le collimateur du gouvernement, qui entend ainsi poursuivre sa politique de hausses ciblées des impôts.
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