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jeudi 11 août 2011

La Suisse malade de la bonne santé du franc

La Suisse malade de la bonne santé du franc


Un gros titre qui barre la une de Matin Dimanche, principal hebdomadaire de la Suisse francophone : "Les Suisses pourraient être payés en euros." Il ne s'agit pour l'instant que d'une menace, mais elle est bien réelle. Posséder une monnaie servant de valeur refuge n'est pas forcément un avantage. Il n'y a pas si longtemps, un euro valait 1,65 franc suisse. À présent, il s'échange à 1,05 franc. La parité euro-franc suisse est annoncée dans les prochains jours. Résultat, les entreprises peinent à exporter et les touristes boudent un pays devenu hors de prix. Valentin Vogt, président de l'Union patronale suisse, conseille carrément aux patrons de prolonger la durée du temps de travail ou de diminuer les salaires. "Pour les employés, il est préférable de travailler davantage de façon passagère que de perdre son emploi", assure le patron des patrons dans la NZZ am Sonntag.
D'où vient cette idée de payer les salariés en euros ? Des chefs d'entreprises ont d'abord cherché à diminuer les salaires des frontaliers français et allemands en prenant prétexte que, grâce au change, ils avaient gagné 25 % depuis le début de l'année, 40 % sur deux ans ! Seulement voilà, le droit suisse ne permet pas de faire de distinction entre frontaliers et travailleurs habitant en Suisse. D'où l'intention de certains patrons de payer leurs employés en euros, ou en fonction des cours de l'euro. "C'est possible, mais à condition que cette clause soit inscrite dans les contrats de travail", précise Blaise Matthey, directeur général de la Fédération des entreprises romandes (FER).
Travailler davantage
Alors que la Confédération misait sur une croissance de 1,7 à 2 % cette année, certains économistes évoquent déjà une récession en 2012. Si les coffres des banques se remplissent, en revanche les commandes des entreprises exportatrices (machines-outils, chimie, agroalimentaire) se vident. "Plutôt que d'imposer des baisses de salaires, pour le moment, certains employeurs préfèrent demander à leurs employés de travailler davantage", constate Jean-François Besson, secrétaire général du Groupement transfrontalier européen, installé à Annemasse, en Haute-Savoie, fort de 32 000 adhérents.
Jean-François Besson reconnaît que les négociations salariales de l'automne prochain risquent d'être complexes. Si toute discrimination entre salariés suisses et étrangers est interdite, comment passer sous silence que celui qui habite à Ferney-Voltaire, côté français, a gagné grâce au change 25 % de plus que son collègue domicilié à Meyrin, dans le canton de Genève ? "Mais quand l'euro était au plus haut, personne ne pensait offrir des compensations aux frontaliers", reconnaît Blaise Matthey.

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