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samedi 27 août 2011

Libye : les amis de Kadhafi ne désarment pas

Libye : les amis de Kadhafi ne désarment pas


Muammar Kadhafi rejoue le coup de Saddam Hussein. Il se cache. Et la chute de Tripoli ne signifie pas - ou pas encore - la disparition du trublion libyen. Une question se pose : les pays qui ont donné un coup de pouce décisif à son effondrement - à savoir la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis - ne vont-ils pas être tentés de rejouer la déplorable partition mise au point par les Américains en Irak ? En clair, ne vont-ils pas pousser le Conseil national transitoire (CNT) libyen à écarter l'ensemble de ceux qui étaient liés au système Kadhafi. 
Il y a dix ans, en Irak, en excluant des postes de responsabilité tous les militaires et les membres du parti de Saddam Hussein, les Américains avaient totalement déstructuré le pays, accélérant la guerre civile.
Détermination des rebelles
Ce risque devrait être écarté. D'une part, l'expérience irakienne est passée par là et nul n'a envie de la rééditer. D'autre part, ni Paris, ni Londres, ni Washington, qui interviennent dans le cadre de l'Otan, ne souhaitent s'éterniser en Libye - sinon pour y exploiter les importants gisements pétroliers. 
De plus, contrairement aux Irakiens, ce sont les Libyens qui se battent contre les troupes fidèles à Kadhafi (même si certains rebelles ont été encadrés par des agents des forces spéciales et britanniques) et qui sont déterminés à trouver le colonel et à le juger en Libye. Ils n'ont nullement l'intention - au moins l'affirment-ils - de se laisser guider leur politique. La déclaration de Moustapha Abdel Jalil, le président du CNT, déclarant que le pays n'accepterait pas de base de l'Otan sur son sol, le laisse présager.
Opposition sud-africaine
Les courants politiques fort contraires au sein du CNT sont aussi à ménager. Dans un premier temps, c'est d'une aide financière urgente qu'ont besoin les nouveaux maîtres de la Libye. Paris, Londres et Washington s'efforcent de débloquer les avoirs libyens gelés par les sanctions internationales votées par le Conseil de sécurité de l'ONU en février dernier. La France et la Grande-Bretagne voudraient débloquer 1,05 milliard d'euros. 
Le Conseil de sécurité doit donc voter une nouvelle résolution en ce sens, mais il comporte des opposants à cette initiative, en particulier l'Afrique du Sud, membre non permanent du Conseil, dont le président Jacob Zuma est un proche de Muammar Kadhafi. Il exige qu'avant de transférer les fonds au CNT, celui-ci soit reconnu par les pays de l'Union africaine comme représentant de la Libye. Or c'est actuellement Jacob Zuma qui préside l'Union africaine et, vendredi soir, sous son impulsion, elle a refusé de reconnaître le CNT comme représentant du peuple libyen. Les amis de Kadhafi ne désarment pas. Même si c'est un combat d'arrière-garde.

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