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vendredi 19 août 2011

Syrie : l'Occident à l'unisson contre Damas

Syrie : l'Occident à l'unisson contre Damas


Jeudi, le président américain Barack Obama et ses alliés occidentaux ont pour la première fois appelé le président syrien Bachar el-Assad à partir et ont renforcé les sanctions contre son régime, après cinq mois d'une sanglante répression en Syrie. L'appel à sanctions s'est aussi propagé à l'ONU, où la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et le Portugal cherchaient à obtenir une résolution visant à imposer des sanctions contre Damas. Celles-ci pourraient inclure un embargo sur les armes, un gel des avoirs syriens et une interdiction de voyage pour certains responsables, selon Philip Parham, ambassadeur adjoint de la Grande-Bretagne à l'ONU, qui s'exprimait à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité.
Plus de 2 000 personnes ont été abattues par les forces du régime, dont 26 les yeux bandés dans un stade et un garçon de 13 ans, depuis le début de la répression en mars, selon le secrétaire général adjoint de l'ONU Lynn Pascoe. "Effroyable", a commenté le représentant de la France aux Nations unies, Martin Briens, à propos de la répression. Une mission humanitaire de l'ONU se rendra en Syrie à partir de ce week-end, a aussi annoncé le Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha), qui cherchait depuis des semaines à accéder au pays.
"Crimes contre l'humanité" (ONU)
"Nous avons obtenu la garantie que nous pourrions nous rendre partout où nous le souhaitons", a déclaré à la presse Valerie Amos, qui dirige Ocha. Un rapport de l'ONU publié jeudi a dressé un catalogue glaçant de brutalités et violences contre la population civile qui pourraient relever de "crimes contre l'humanité", et a appelé le Conseil à envisager une saisine de la Cour pénale internationale. Malgré l'annonce par Bachar al-Assad de la fin des opérations militaires contre les contestataires lors d'une conversation téléphonique avec Ban Ki-moon mercredi, une ONG syrienne a affirmé que les opérations de perquisitions et d'arrestations se poursuivaient jeudi.
Les appels au départ de Bachar el-Assad, conjugués à de nouvelles sanctions économiques, ont été lancés presque simultanément par Barack Obama, ses alliés français, allemands, britanniques, canadiens et l'Union européenne. "C'est tout de même étrange qu'au lieu d'offrir son aide (à Damas) pour appliquer son programme de réformes, Obama et le monde occidental cherchent à attiser la violence en Syrie", a réagi Rim Haddad, directrice des relations extérieures du ministère syrien de l'Information.
"Perte de toute légitimité" (UE)
C'est la première fois que les États-Unis appellent explicitement au départ de Bachar el-Assad, dont le régime tente depuis le 15 mars de mater le mouvement de contestation en envoyant son armée et ses chars dans de nombreuses villes. "Nous avons à maintes reprises expliqué que le président Assad devait mener une transition démocratique ou démissionner. Il n'a pas mené (cette transition). Dans l'intérêt du peuple syrien, le temps est venu pour le président Assad de se retirer", explique dans un communiqué Barack Obama, qui, selon la Maison-Blanche, n'a "pas l'intention" de rappeler son ambassadeur en Syrie.
"L'Union européenne note que Bachar el-Assad a perdu toute légitimité aux yeux du peuple syrien et qu'il est nécessaire pour lui de quitter le pouvoir", a déclaré le chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton en évoquant de prochaines sanctions. Dans une déclaration commune, le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique David Cameron ont, eux aussi, demandé à M. Assad de "quitter le pouvoir" tout en se prononçant pour "de nouvelles sanctions fermes" contre son régime.
"Frappé en plein coeur" (Clinton)
Le Premier ministre canadien Stephen Harper a demandé qu'Assad "renonce au pouvoir et qu'il parte immédiatement". Barack Obama a annoncé qu'il avait pris de nouvelles sanctions très dures contre le régime Assad en signant un décret qui interdit l'importation de pétrole et de produits pétroliers de Syrie aux États-Unis et en gelant tous les avoirs que l'État syrien pourrait avoir sous juridiction américaine. La secrétaire d'État Hillary Clinton a déclaré que les sanctions américaines frappaient "en plein coeur" le régime.
Une réunion du Conseil des droits de l'homme de l'ONU se tiendra lundi lors d'une session spéciale dédiée à la Syrie, à la demande de 24 des 47 pays du Conseil, dont quatre pays arabes (Jordanie, Koweït, Qatar et Arabie saoudite). L'attitude du pouvoir syrien sera mise à l'épreuve vendredi ; les militants pro-démocratie ont appelé, comme chaque semaine depuis le début de la contestation, à de grandes manifestations dans les villes du pays. Depuis le 15 mars, le régime affirme qu'il envoie son armée et ses chars dans les foyers de contestation pour "pourchasser les groupes terroristes" qu'il accuse de semer violences et chaos.
Il a annoncé des réformes, mais a souligné qu'elles ne pouvaient être appliquées "sans le rétablissement de la sécurité".

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