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mercredi 10 août 2011

Touristes françaises tuées en Argentine - L'arme du crime formellement identifiée

Touristes françaises tuées en Argentine - L'arme du crime formellement identifiée


Les derniers éléments de l'enquête sur le meurtre des deux touristes françaises en Argentine confirment que la carabine de calibre 22 saisie par la police est bien "l'arme du crime", a affirmé, mercredi soir, Marcelo Baez, porte-parole de la justice de Salta. Cette arme a été donnée par Gustavo Lasi à son père Walter Orlando Lasi, afin qu'il s'en débarrasse. Gustavo Lasi a par ailleurs utilisé le téléphone portable d'Houria et de Cassandre, vers 20 heures, le 15 juillet, apprend-on de source judiciaire. Désormais, le scénario privilégié est donc celui d'un crime sexuel, qui aurait duré environ une heure : entre 19 heures - peu après la dernière photo retrouvée dans l'appareil des deux victimes - et 20 heures, le 15 juillet. Les auditions des sept personnes inculpées sont désormais terminées. Force est de constater que beaucoup de mystère entoure encore l'affaire. Quel est le niveau de responsabilité présumée de chacun des sept inculpés ?
Trois meurtriers présumés
Pour l'heure, comme cela est courant dans une affaire impliquant plusieurs accusés, les agresseurs présumés nient toute participation au crime et s'accusent les uns les autres devant le juge en charge de l'enquête, Martin Perez. D'autant que les aveux recueillis par la police argentine, le week-end dernier, ne sont guère utilisables dans le cadre d'un procès : ce sont les interrogatoires menés par la justice qui feront loi. Mais d'après la police, trois hommes auraient participé au viol et aux meurtres : Gustavo Lasi (24 ans), employé du ministère de l'Environnement de Salta, son cousin Daniel Vilte Lasi (24 ans aussi) et Santos Clemente Vera (37 ans), jardinier dans le quartier résidentiel huppé de Bella Vista, proche du sentier de randonnée où l'on a retrouvé les corps des victimes.
Gustavo Lasi et Santos Clemente Vera accusent Daniel Vilte Lasi d'être le propriétaire de l'arme de calibre 22 et d'avoir tué les Françaises. La confrontation prochaine entre les trois hommes devrait être décisive. Les éléments accablants dont dispose la justice contre eux ne manquent pas. Daniel Vilte Lasi a cherché à vendre un calibre 22 dans les jours qui ont suivi le double meurtre. Gustavo Lasi, quant à lui, a offert à sa petite amie Maria Fernanda Cañizares le téléphone portable de l'une des victimes, qu'il dit avoir acheté à un collègue, et l'appareil photo, qu'il prétend avoir trouvé dans un bar. Enfin, les policiers auraient retrouvé chez Santos Clemente Vera l'étui de l'appareil photo des Françaises.
Quatre complices présumés
D'autres personnes auraient participé de près ou de loin au crime. D'abord, le père de Gustavo Lasi, Walter Orlando Lasi (54 ans). Cet employé de la société Puma Expeditions, qui exploite le chemin de randonnée, aurait été au courant du crime de son fils. Il aurait cherché à le protéger en se débarrassant de la carabine semi-automatique de calibre 22, identifiée mercredi soir comme étant "l'arme du crime" et qu'il aurait donnée à Omar Dario Ramos. Ce dernier, âgé de 47 ans, arrondit parfois ses fins de mois comme guide dans la région. Il assure avoir reçu l'arme "de bonne foi", en tant que voisin de la famille Lasi dans le quartier La Montaña, à San Lorenzo. Pourtant, il accuse aussi la famille Lasi d'avoir une "réputation louche"...
Enfin, Maria Fernanda Cañizares (24 ans) tente de se défendre d'avoir été arrêtée en possession du téléphone portable et de l'appareil photo des Françaises : elle accable son petit ami, Gustavo Lasi, qu'elle n'aurait jamais "cru capable de telles atrocités". La responsabilité de son frère, l'aspirant policier Federico Cañizares (23 ans), reste encore à déterminer. Il a jusqu'ici refusé de répondre à l'interrogatoire du juge, sur les conseils de son avocat, qui réclame sa libération. Maria Fernanda et Federico Cañizares sont les enfants d'un haut gradé retraité de la police de Salta
Qui sont les plus suspects ?
Deux des sept accusés ont brouillé les pistes des enquêteurs. Il s'agirait surtout de Santos Clemente Vera et d'Omar Dario Ramos. Ils ont tenté d'induire en erreur la police en assurant qu'ils avaient vu des personnes camper dans la région et entendu des coups de feu le 16 juillet. Ils avaient ensuite emmené les policiers dans la montagne et affirmé que quatre touristes argentins de la province de Córdoba étaient entrés sur le chemin de randonnée juste après les Françaises. Des pistes qui n'ont pas abouti. La justice parviendra-t-elle à lever toutes les zones d'ombre de cette affaire ?

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