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lundi 8 août 2011

Troisième journée d'émeutes à Londres

Troisième journée d'émeutes à Londres


Londres, sous le choc, a connu une troisième journée consécutive de violences et de pillages, alors qu'une vaste enquête tentait toujours de déterminer les responsabilités dans ces troubles inédits depuis plus de 20 ans. Au total, 215 personnes - dont un garçon de onze ans - ont été arrêtées depuis le début des violences, a déclaré lundi la ministre de l'Intérieur, Theresa May, qui a dû écourter ses vacances. De nouveaux affrontements ont éclaté lundi dans le quartier défavorisé de Hackney, dans l'est de la capitale, après les premières violences survenues samedi à Tottenham et tout au long du week-end dans plusieurs quartiers.
Dans la nuit de dimanche à lundi, au moins neuf membres des forces de l'ordre ont été blessés et 35 pendant le week-end, selon la police qui s'est dite "choquée par cet incroyable niveau de violence à son encontre". À Hackney, des dizaines de jeunes ont vandalisé plusieurs magasins, pillé un camion et incendié des voitures et des poubelles lundi. La nuit précédente, des petits groupes de jeunes ont harcelé les forces de l'ordre dans d'autres quartiers, endommageant plusieurs de leurs véhicules, détruisant des devantures et pillant des magasins. "Des actes criminels inspirés", selon les services de sécurité, par ceux survenus samedi dans le quartier multiethnique et déshérité de Tottenham (nord). À Walthamstow, Enfield, Islington (nord), Brixton (sud) et même à Oxford Circus, en plein coeur du Londres touristique, les mêmes scènes se sont reproduites.
"Frustrés et en colère"
Instruite par les débordements de la veille et les vives critiques contre la lenteur de sa réaction, la police, déployée en force, a procédé à 153 nouvelles arrestations, après les 62 interpellations de dimanche. Les troubles ont éclaté dans la foulée d'une manifestation pour réclamer "justice" après la mort jeudi de Mark Duggan lors d'une opération des forces de l'ordre contre la criminalité au sein de la communauté noire. "C'est parti visiblement de ce qui s'était passé à Tottenham... Mais ça ressemble fort à une excuse, ça n'a juste pas de sens", a déploré Williams Falade, 28 ans, responsable d'un club de gym à Brixton. Un sentiment partagé par le numéro deux du gouvernement, Nick Clegg, qui s'est rendu à Tottenham lundi et a condamné une "vague de violence gratuite", n'ayant "absolument rien à voir avec la mort de Mark Duggan", un père de famille.
Samedi soir, à Tottenham, un quartier déjà théâtre d'émeutes en 1985, des habitations avaient été brûlées, des véhicules de police et un bus incendiés, 29 personnes blessées, faisant de cette nuit de violences l'une des pires dans la capitale britannique depuis plus de vingt ans. Une commission de contrôle indépendante a ouvert une enquête sur les circonstances du décès de Mark Duggan, alors que certaines informations de presse laissaient entendre que les forces de l'ordre avaient ouvert le feu sans avoir été attaquées. Les résultats des expertises balistiques étaient attendus mardi. Si les photos de bâtiments en feu faisaient la une lundi de tous les journaux britanniques, beaucoup se gardaient de toute interprétation trop rapide. À Tottenham, la question faisait aussi débat parmi les habitants. "On ne peut pas se contenter de dire que ces évènements sont dus simplement à ce décès ou à des criminels", estime Osagyefo Tongogara, un résident de longue date. "J'appelle ça une rébellion. Les gens sont frustrés et en colère." 

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