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dimanche 4 septembre 2011

Campus de l'UMP : Le Maire rode son projet pour 2012

Campus de l'UMP : Le Maire rode son projet pour 2012


"Stratosphérique. Rien de concret, rien de nouveau." C'est ainsi qu'un membre du staff de l'UMP qualifiait par avance l'intervention de Bruno Le Maire, samedi, au deuxième jour du campus de l'UMP à Marseille. Le ministre de l'Agriculture devait présenter un "bilan d'étape" de l'élaboration du "projet" de l'UMP pour 2012. Comprendre : Le Maire devait "présenter les propositions du parti", afin que le futur candidat Sarkozy y puise son programme. 
Mais certaines de ces propositions, déjà avancées dans une interview à L'Express, avaient manifestement suscité suffisamment de réactions au sein de la "famille UMP" pour ne pas de nouveau en rajouter : la fiscalisation d'une partie des sacro-saintes allocations familiales notamment - elle a provoqué l'ire de certains députés UMP, dont une majorité de la Droite populaire -, mais aussi la taxation des dividendes sur les résidences secondaires ou encore la révision des allocations chômage pour les cadres. Alors, après avoir rendu hommage au secrétaire général Jean-François Copé, mais aussi à une bonne partie de ses collègues, l'ex-villepiniste Le Maire s'est contenté, samedi, de mettre en avant les valeurs du futur programme : "la réduction de la dépense publique, la justice, l'autorité".
Agitateurs d'idées 
Alors, pourquoi avoir pris le risque de susciter un nouveau tollé au sein du parti, au moment même où tous jouent la carte du rassemblement derrière leur candidat naturel ? Pour Valérie Rosso-Debord, secrétaire nationale de l'UMP, également chargée du projet, on peut voir dans ces mesures phares des "ballons d'essai". Les trois mois qui viennent serviront, selon elle, de "caisse de résonance". "On met toutes les propositions sur la table, on débat, on écoute, on laisse les idées mûrir, chacun se positionne, et puis on ajuste les choses", explique-t-elle. La très copéiste élue de Meurthe-et-Moselle ajoute : "Nous sommes des agitateurs d'idées !" 
De son côté, venu s'expliquer quelques minutes plus tôt avec des journalistes, Le Maire assure : "Je n'esquiverai aucune question." Son discours laissait pourtant penser qu'il "reculait" sur la question des allocations familiales, puisque la question de la fiscalisation n'y était plus évoquée. Mais il ne l'entend pas ainsi. Selon lui, la situation économique actuelle justifie des mesures exceptionnelles : "C'est la première fois que la souveraineté des États européens est menacée", martèle-t-il, face aux journalistes. Et de se montrer philosophe sur les vives réactions au sein du parti : "Chirac disait toujours : La suppression des niches fiscales, c'est gentil, mais dans chaque niche, il y a un gros chien. Alors, peut-être que, dans trois mois, on dira de certaines mesures qui apparaissent soi-disant révolutionnaires aujourd'hui qu'elles sont drastiques mais nécessaires..."
Tous veulent le faire savoir : à l'UMP, on aime toujours le débat, y compris en pleine mobilisation pour la présidentielle... Le tout, dans une certaine limite. 

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