Sous la pression après une nouvelle chute des Bourses, les ministres des Finances et les gouverneurs des Banques centrales des pays du G7 ont peiné, vendredi, à s'entendre sur des mesures pour sortir de la crise.
François Baroin et le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, ont tenu tard dans la soirée, au palais du Pharo à Marseille, la conférence de presse de la présidence française, les yeux tirés par la fatigue. Le ministre français de l'Économie s'est contenté de reprendre rapidement "les termes de référence agréés" - et non pas un communiqué final - sur lesquels se sont finalement entendus les États-Unis, le Japon, le Canada, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et l'Italie.
Bonnes intentions
"Nous sommes décidés à apporter une réponse internationale forte et coordonnée" face au ralentissement de la croissance mondiale, affirment ces pays dans le document distribué à la presse. Mais la suite du texte ne fait que réaffirmer ce qui était déjà connu.
Les États-Unis assumeront seuls l'effort de relance, avec le plan de Barack Obama pour l'emploi. Les Européens, pris au piège de la dette, s'engagent une nouvelle fois à mettre en oeuvre pleinement et rapidement le plan décidé le 21 juillet qui prévoit le renforcement et l'élargissement du rôle du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Ils rappellent aussi "leur détermination inflexible pour honorer pleinement leur signature souveraine individuelle et leurs engagements en faveur de finances publiques soutenables".
Pas d'intervention monétaire coordonnée
On l'aura compris, pas question de relance de grande ampleur, "les circonstances nationales différentes" devant être prises en compte, comme le plaidait la présidence française avant la rencontre. Mais le G7 ne précise pas quels pays en position plus favorable pourraient dégager des marges de manoeuvre pour aider leurs partenaires à sortir du marasme. L'Allemagne semble d'ores et déjà avoir exclu toute déviation dans sa trajectoire de réduction des déficits. Chacun est donc appelé "à mettre en oeuvre des plans de consolidation budgétaire ambitieux et favorables à la croissance". Deux objectifs difficilement conciliables...
Les banquiers centraux n'ont pas non plus décidé une action coordonnée des autorités monétaires. Mais ils n'ont toutefois pas fermé totalement la porte à une telle initiative. "Nous nous consulterons étroitement s'agissant de possibles actions sur les marchés des changes et coopérerons de façon appropriée", assure le texte, qui pointe les dangers d'une volatilité excessive des taux de change.
Très attendus sur la question de la santé des banques européennes après leur nouvelle dégringolade en Bourse vendredi, Christian Noyer et François Baroin se sont montrés rassurants. "Les banques françaises n'ont aucun retard" sur le chemin de l'augmentation de leurs fonds propres nécessaires pour respecter la nouvelle réglementation en la matière, a assuré le gouverneur de la Banque de France. Il a aussi souligné que l'Espagne et l'Italie faisaient les efforts nécessaires pour rassurer les marchés quant à la soutenabilité de leur dette.
La situation grecque incertaine
Mais il s'est refusé à affirmer que la Grèce ne procéderait pas à une nouvelle restructuration de sa dette, après celle de 21 % proposée aux investisseurs privés le 21 juillet. Car le FMI pourrait décider de couper ses crédits à Athènes qui ne parvient pas à tenir ses objectifs de réduction des déficits.
Christian Noyer s'est en revanche employé à enterrer le débat sur la nécessité de recapitaliser les banques européennes après les propos de Christine Lagarde en ce sens. Les propos de la directrice générale du FMI ont été "mal interprétés", affirme-t-il, même s'il reconnaît des différences très grandes dans la "méthodologie" d'évaluation du bilan des banques entre le FMI et la BCE.
Liquidité satisfaisante
Dans une conférence de presse tenue dans la foulée, Jean-Claude Trichet a délivré le même message. Le président de l'institution de Francfort a tenu à souligner que la liquidité des banques européennes était à tout moment assurée par la Banque centrale européenne, même dans le cas où elles se montrent réticentes à se prêter entre elles. Reste à savoir si ce mélange de bonnes intentions et de discours rassurants parviendra à rassurer les marchés. Réponse lundi matin.
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