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dimanche 11 septembre 2011

Le match Borloo-Morin a commencé

Le match Borloo-Morin a commencé


À la fin de son discours, on n'entendra pas : "Voilà pourquoi je suis candidat..." Jean-Louis Borloo avait prévenu : il ne dirait rien sur son ambition personnelle aux journées d'été de l'Alliance républicaine écologiste et sociale (Ares) organisées à La Grande-Motte. Marre qu'on lui mette la pression, le président du Parti radical veut rester maître de son calendrier. "Je décide quand je veux ! C'est ma vie, c'est ma gueule !" avait-il lâché, jeudi, devant quelques journalistes.
Chemise blanche et coiffure en "banane" de rigueur, samedi soir, il a préféré rester sur le fond, abordant les thèmes qui lui sont chers (logement, éducation, industrie...) avant, tout de même, de promettre à ses militants, qui commencent à s'impatienter : "Je suis dans la dernière ligne droite. Très bientôt, je parlerai aux Français." Probablement fin octobre.
Trouble
Les proches de l'ex-ministre de l'Écologie ont beau rassurer sur sa volonté d'y aller, l'absence d'annonce à ces journées d'été laisse le champ libre à Hervé Morin. De quoi ravir le président du Nouveau Centre, qui ne cache pas son envie de se présenter à la présidentielle depuis des mois. Dans son discours, il n'a d'ailleurs pas manqué de souligner, comme une petite pique à son concurrent : "On est candidat quand on a une détermination sans faille." Et Morin d'ajouter en se tournant vers Borloo : "Chacun est libre d'annoncer sa candidature au moment qu'il juge le plus opportun, même si, dans notre cas, il serait mieux qu'on y réfléchisse ensemble..." Le match Borloo-Morin peut donc commencer.
Dans l'entourage de Borloo, on se contente de rappeler que Morin, qui est à 1 ou 2 % dans les sondages, sème le trouble pour exister. "Son but, c'est qu'on parle de lui. Quitte à nuire à Borloo, ça, il s'en fout !, tranche un proche de Borloo. Il se prépare pour 2017." Pour Jean-Christophe Lagarde, qui a comparé Morin à une "chèvre" (tandis que Borloo serait "un chameau"), la stratégie de l'ex-ministre de la Défense est "contre-productive". "Il nous a dit à plusieurs reprises, en bureau exécutif, qu'il ne serait pas candidat", rappelait récemment Lagarde, qui ne comprenait pas son obstination. 
Agacement
Ces bisbilles commencent à agacer en interne. À commencer par Hervé de Charette, président de Convention démocrate (l'un des quatre partis fondateurs de l'Ares), qui a boudé la manifestation. Malgré les "2 000" (selon Morin) ou "2 800" (selon Borloo) personnes présentes ce week-end, quelques figures centristes manquaient à l'appel, comme Yves Jégo ("en campagne pour les sénatoriales"), Jean-Christophe Lagarde (en Crète), Maurice Leroy ("en circonscription")... D'autres, comme Dominique Paillé ou François Sauvadet n'ont fait que passer.
À croire que la famille centriste a, elle aussi, bien du mal à afficher son unité.

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