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lundi 9 mai 2011

Clearstream : le procès en direct sur TF1 News


Dessin d'audience du procès Clearstream

11h40 : L'audience reprend. Tailleur noir stricte, chemise blanche, visage fermé et cheveux courts, Anne-Gabrielle Heilbronner se présente à la Cour. Alors qu'elle souhaite prêter serment, la présidente refuse en raison de ses liens de parenté avec l'un des prévenus. Après s'être excusée sur la diffusion de sa lettre dans la presse avant que la Cour n'en ait elle-même eu connaissance, l'épouse d'Imad Lahoud explique, la voix tremblante : "cette affaire, c'est un cauchemar, un cauchemar pour moi. Avant Clearstream, Imad a déjà eu des ennuis et là tout a recommencé".

11h45 : A la Cour, l'énarque réaffirme qu'elle a elle-même transmis le manuscrit de son mari à Philippe Faure, à l'époque secrétaire général du quai d'Orsay. "Quand M. Faure dit que c'est faux, c'est un mensonge parce que c'est moi qui lui ai donné le manuscrit". "C'était quand ?", lui demande la présidente. "-Je ne me souviens pas""-C'est important?""-Je ne me souviens pas, c'était très probablement fin 2006 (...) je travaillais très fréquemment avec Philippe Faure. Un jour, il m'a demandé le manuscrit d'Imad Lahoud car Dominique de Villepin voulait le voir. Je lui ai remis dans son bureau dans une enveloppe kraft". Quelques jours plus tard, il la fait revenir dans son bureau et lui demande de modifier deux passages à la demande de Dominique de Villepin, "concernant l'épisode du Blackberry et le nombre de rencontres avec Gergorin", explique-t-elle.

11h55 : "Vous avez été entendue à trois reprises par les policiers et vous ne parlez pas du tout de cela. Au  contraire, vous dites que votre mari ne connaissait pas Dominique de Villepin ? "Je n'ai pas dit cela. J'ai répondu à toutes leurs questions. La question ne m'a pas été posée", répond l'épouse de l'informaticien. Et d'expliquer : "Je n'ai pas été témoin de rendez-vous direct entre Dominique de Villepin et Imad Lahoud. Mais je peux dire que le nom de Villepin était partout, dans toutes les conversations.(...) C'était la référence. Jean-Louis (ndlr : Gergorin) n'avait que ce mot à la bouche". "Il y a plein de choses que je n'ai pas vues ou que je n'ai pas comprises. J'ai monté une muraille de Chine pour protéger ma famille. Mais j'ai bien compris que Gergorin était le personnage central. S'il appelait Imad, il se rhabillait et il partait".

12 h : La présidente lit la lettre publiée par Philippe Faure  dans Le Monde. "Madame la Présidente, si j'étais vraiment ambitieuse, croyez-vous que je serai toujours avec Imad lahoud ?", lance Anne-Gabrielle Heilbronner

12h05 : Dominique de Villepin intervient à son tour et dément tout en bloc, calmement : "Je ne connais pas la femme d'Imad Lahoud, ni Imad Lahoud. Je n'ai jamais eu le manuscrit entre mes mains. Je vous confirme que Philippe Faure est mon ami."
12:25 : Attaquée par la défense de Dominique de Villepin, Me Olivier Metzner, Anne-Gabrielle Heilbronner ne vacille pas. Elle répète : "Monsieur Faure ment (...) Il a fait une belle lettre (...) Mais, moi aussi, je suis un très haut fonctionnaire très respecté. Ce que j'ai vécu, c'est la vérité, je veux que la Cour le sache". Depuis le début de sa prise de parole, son mari, assis juste derrière, ne quitte pas son épouse des yeux.
12:45 : La cour revient sur les interceptions des conversations téléphoniques entre Imad Lahoud et son épouse en 2005. Un nom revient souvent, celui d'Eric Woerth, dont Anne-Gabrielle Heilbronner est alors la directrice de cabinet. "Je cherche à protéger Eric Woerth", explique-t-elle.
13:05 : Alors qu'elle est interrogée sur une conversation téléphonique remontant au 15 mai 2006, qu'elle a eue avec Nathalie Kosciusco-Morizet, Anne-Gabrielle Heilbronner perd ses mots un instant. La présidente lui propose de s'asseoir. Elle refuse. On lui apporte un verre d'eau. L'audience se poursuit. "C'est difficile, madame la présidente, car le 13 mai 2006 Imad avait fait une tentative de suicide", rappelle Mme Heilbronner pour justifier cette faiblesse passagère. "Quand Nathalie m'appelle, j'essaie de trouver une porte de sortie car Imad n'y arrive pas (...) La pression médiatique est effrayante. Et quand je dis qu'il faut que d'autres noms sortent, je pense à d'autres détenteurs du fichiers", et non à d'autres noms dans les listings. "Je ne veux pas qu'Imad porte tout tout seul".
13:20 :  "Savez-vous si votre mari a bien rencontré Oussama ben Laden ?" lui demande la défense de Villepin. "Je ne le lui ai pas demandé (...) Je suis désolée si cette attitude ne vous convient pas, mais c'est la mienne". "Est-ce que Lahoud dit la vérité, ou ment-il, quand il dit qu'il a rencontré ben Laden trois fois, dont la dernière fois six mois avant les attentats du 11 septembre 2001 ?" "Imad a complètement changé lors des années 2000-2004. Il n'a fait que des bêtises et c'est pour cela que nous sommes tous là aujourd'hui. Aujourd'hui, il est redevenu comme je l'ai connu. Quand il dit quelque chose, oui, je le crois".
13:30 : Jean-Louis Gergorin revient sur ses visites présumées très fréquentes chez les Lahoud. "Après le mois de novembre 2004 et notre mise en cause conjointe sur le plan médiatique, nos relations se sont développées. J'étais persuadé que cette affaire était un grand combat politique. Je suis effectivement allé chez Imad à plusieurs reprises", concède-t-il.
13h45  : A la fin de l'audition d'Anne-Gabrielle Heilbronner, l'audience est de nouveau suspendue jusqu'à 15h.

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