«Les personnes qui touchent le RSA ne demandent pas cinq heures de travail social, (...) elles veulent travailler et gagner le Smic», a affirmé lundi sur France Info Marie-George Buffet. L'ex-secrétaire nationale du Parti communiste a ainsi estimé que les propos tenus dimanche par le ministre des Affaires européennes Laurent Wauquiez, qui veut s'attaquer aux «dérives de l'assistanat» qu'il qualifie de «cancer de la société française», étaient «scandaleux».
Dimanche, l'ancien secrétaire d'État chargé de l’Emploi a développé trois mesures visant les bénéficiaires des minima sociaux : imposer aux bénéficiaires du RSA des heures hebdomadaires de service social, plafonner le cumul de tous les minima sociaux à 75% du Smic et établir une durée minimale de travail -cinq ans- pour pouvoir que les étrangers puissent y prétendre. Le maire du Puy-en-Velayavait annoncé en avril que son groupe «la Droite sociale» déposerait une proposition de loi en ce sens à l'Assemblée.
«On ne vit pas bien avec le RSA»
Manuel Valls, candidat aux primaires PS, a vivement réagi lundi sur LCI : «Cela me paraît encore une fois, comme d'habitude avec ce gouvernement, désigner les chômeurs, ceux qui bénéficient du RSA comme les responsables, comme les coupables, comme les boucs émissaires de la crise et ça c'est tout à fait insupportable», a estimé le député de l'Essonne.
«Cette proposition relève d'une grande méconnaissance de la réalité», a jugé pour sa part Nicole Maestracci, présidente de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars). «On ne vit pas bien avec le RSA», a insisté sur France Info la responsable associative, rappelant que le montant de l'aide pour le retour à l'emploi s'élevait à 466 euros. Dénonçant des «propos démagogiques et polémiques», elle a par ailleurs évoqué le résultat d'une étude récente selon laquelle seuls 2,5% des bénéficiaires des minima sociaux sont des «fraudeurs». «Et encore, dans ce chiffre, il y a aussi ceux qui touchent une aide suite à une erreur de l'administration», a-t-elle ajouté.
«Il n'y a donc pas d'épidémie d'assistanat, qui justifierait une vaccination massive», avait aussi réagi Martin Hirsch le mois dernier, alors que Laurent Wauquiez venait de lancer l'idée d'une contrepartie aux aides sociales. Le père du RSA avait alors jugé qu'il s'agissait d'une «fausse bonne idée».
A droite, on veut relancer le débat
A droite, on veut relancer le débat. Le ministre du Travail Xavier Bertrand a récemment qualifié d'idée «de bon sens» la proposition de contraindre les bénéficiaires du RSA à effectuer un travail d'intérêt général. Mais «ma priorité du moment, c'est de ramener les demandeurs d'emploi, notamment au RSA, vers l'emploi», avait-il ajouté.
Le député UMP Pierre Lang a aussi récemment présenté une proposition de loi visant à «demander aux chômeurs indemnisés depuis plus de six mois et aux bénéficiaires du RSA d’effectuer des travaux d’intérêt général», de 20 heures par semaine.
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