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jeudi 12 mai 2011

Le RSA a failli mettre Laurent Wauquiez au chômage

Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européennes, à Paris le 11 mai 2011. (AFP)


Les sorties de Laurent Wauquiez ont bien failli lui coûter cher. Jeudi 12 mai, Les Echos etL'Express révèlent tous deux que Nicolas Sarkozy a envisagé de se séparer de son ministre des Affaires européennes, mardi 10 mai au soir.
"Wauquiez a été à deux doigts d'être viré", a confirmé un proche du Président. A deux doigts seulement. Malgré une semaine mouvementée, tout est bien qui finit bien (ou presque) pour le maire du Puy-en-Velay. Le Nouvel Observateur retrace le fil des évènements.
Dimanche 8 mai : L'assistanat "cancer de la société"
Invité de l'émission politique BFMTV 2012-Le Point-RMC, Laurent Wauquiez fustige les "dérives de l'assistanat", qualifié de "cancer de la société française". Le ministre des Affaires européennes évoque alors une proposition de loi de son groupe "La Droite sociale" qui obligerait les bénéficiaires du RSA à assumer "chaque semaine cinq heures de service social". Une façon pour le ministre de montrer "qu'en face des droits (…), pour vous il y a des devoirs". Et d'ajouter que "le RSA est l'erreur majeure du quinquennat". La messe est dite.
Lundi 9 mai, chapitre 1 : la gauche se déchaîne
Les réactions des syndicats et de la gauche ne se font pas attendre. Première à réagir, la CFDT reproche au ministre UMP de friser "avec la droite extrême". Le syndicat estrapidement rejoint par diverses associations ainsi que le NPA et le PS. Pour Olivier Besancenot, ces propositions sont une "insulte" aux bénéficiaires du RSA. Le député PS de l'Essonne, Manuel Valls, renchérit sur LCI : "cela me paraît encore une fois, comme d'habitude avec ce gouvernement, désigner les chômeurs (…) comme les responsables, comme les coupables, comme les boucs émissaires de la crise".
Lundi 9 mai, chapitre 2 : lâché jusque dans son camp
A droite, la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, est l'une des premières à fustiger les déclarations de son collègue. Elles "posent des difficultés de principe et de mise en oeuvre que je lui ai d'ailleurs signalées lors d'un entretien approfondi", réagit-elle.
Mardi 10 mai : Le désaveu de François Fillon
Alors que l'opposition condamne fermement les déclarations, à l'instar de Martine Aubry sur France Inter, François Hollande, Daniel Cohn-Bendit ou encore Lionel Jospin, le coup de grâce vient de Matignon. Premier à réagir – avant l'Elysée - le Premier ministre François Fillonrecadre fermement Laurent Wauquiez, soulignant qu'il ne faut pas "s'ingénier à détruire le bilan" du quinquennat et "jeter le discrédit sur la réforme du RSA". La colère monte à droite. Ce soir-là, le chef de l'Etat songe à se séparer de son ministre, rapportent lexpress.fr et Les Echos.
Mercredi 11 mai : corrigé par l'Elysée
A l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement François Baroin déclare que Nicolas Sarkozy a "demandé à chacun des ministres de rester dans son secteur". La réunion a en réalité été beaucoup plus muscléementionne lexpress.fr. "Ce n'est pas parce qu'on est le plus diplômé qu'on comprend tout", a ainsi assené un proche du chef de l'Etat.
Normalien, Laurent Wauquiez a-t-il été suffisamment piqué dans son orgueil pour se taire sur le sujet ? Pas certain. "J'ai dit tout haut ce que les Français pensent tout bas", a déclaré le ministre dans Le Progrès du jeudi 12 mai.

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