On les imagine coiffés d'un feutre, en imperméable, la cigarette au bec échangeant des infos avec un indic devant un Johnny Walker. Richard "Bo" Dietl n'est pas exactement Humphrey Bogart. Mais cet ex-policier barbu, un peu rond et très exubérant, est un privé célèbre qui a fondé à New York l'agence Beau Dietl & Associates. Dans le système américain, les avocats travaillent en étroite liaison avec des détectives. Et les avocats de DSK ont déjà dû embaucher une agence pour aller fouiller dans le passé de Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui accuse DSK de viol.
Le procureur l'a présentée comme une mère qui élève seule une adolescente et travaille dur dans un hôtel depuis trois ans. La défense va essayer de démolir cette bio modèle. Par tous les moyens. Cela veut dire plusieurs détectives sur le terrain qui vont interroger tous les gens qui la connaissent, ses voisins, ses collègues de travail, sa famille - y compris en Guinée, d'où elle est originaire, si c'est nécessaire. "Ils vont tout faire pour essayer de saper les arguments du procureur, chercher tout type de renseignements, si elle a dans le passé inventé des choses, si elle a menti, commis une infraction... Les détectives ont des contacts partout, avec les gens de la sécurité des hôtels, des immeubles...", explique Bo Dietl.
Course contre la montre
Et s'ils ne trouvent rien qui puisse ternir la réputation de la victime présumée ? Bo Dietl éclate de rire : "Ils trouveront quelque chose", assure-t-il. "Que ce soit vrai ou faux. Si je fais une enquête sur vous, je vais aller interroger l'un de vos anciens petits amis qui va raconter devant les jurés que vous le tabassiez lorsque vous faisiez l'amour. C'est faux, mais il a témoigné." Et cela risque d'avoir un impact sur les jurés.
Tout cela revient cher. Il faut compter entre 175 et 250 dollars de l'heure pour chaque détective. Mais le jeu en vaut la chandelle, comme l'explique un avocat new-yorkais qui préfère rester anonyme. "C'est une course contre la montre. Il faut rassembler autant d'infos que possible sur la victime présumée, soulever toutes les pierres pour avoir un profil complet de cette femme. Quand on a une idée de qui elle est vraiment, on décide alors si on va au procès ou pas." DSK sera entendu le 6 juin par la justice américaine. À cette audition, l'accusé devra plaider coupable ou non coupable. S'il opte pour le second choix, un procès sera mis en route.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire