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jeudi 14 juillet 2011

Afghanistan : Nicolas Sarkozy maintient son calendrier

Afghanistan : Nicolas Sarkozy maintient son calendrier


Après la mort de six soldats français en deux jours, Nicolas Sarkozy a décidé jeudi de renforcer la sécurité des troupes tricolores en Afghanistan mais a confirmé le calendrier de leur retrait d'ici 2014, malgré les appels de la gauche en faveur d'un départ accéléré. À peine achevé le traditionnel défilé militaire d'un 14 juillet endeuillé par la plus grave attaque subie par les troupes françaises depuis l'embuscade d'Uzbeen, qui avait fait 10 morts en 2008, le chef de l'État a rejoint l'Élysée pour y présider un conseil de sécurité destiné à tirer les leçons de l'attentat-suicide de Joybar, qui a fait 5 morts mercredi.
Comme Nicolas Sarkozy l'a lui-même précisé, cette réunion doit permettre d'"organiser les nouvelles conditions de sécurité du travail de nos soldats dans la période de transition qui s'ouvre". "Nous sommes maintenant davantage face à des actions de type terroriste, non seulement des actions militaires. (...) Face à ce nouveau contexte, il faut de nouvelles mesures de sécurité", a estimé le président après avoir rencontré à l'hôpital militaire Percy de Clamart (Hauts-de-Seine) des soldats blessés en Afghanistan, avant de présider le défilé des Champs-Élysées.
"Reconquérir le terrain"
Le ministre de la Défense Gérard Longuet a précisé de son côté qu'il s'agissait de déterminer "à quel endroit, quand et dans quelles conditions" les 4 000 soldats français interviendraient désormais sur le sol afghan. "Quand vous annoncez votre départ, vous vous affaiblissez, et vos adversaires, même affaiblis, peuvent essayer d'en profiter, a plaidé Gérard Longuet. Nous (devons) faire en sorte que l'ennemi ne profite pas de cette diminution pour essayer de reconquérir le terrain.
En clair, il s'agit d'éviter les "transferts d'adversaires" de la région de la Kapisa, théâtre de l'attentat-suicide de mercredi, vers celle, voisine, de Surobi, aujourd'hui largement pacifiée. Les conclusions du conseil, qui a réuni autour du chef de l'État le Premier ministre François Fillon, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, et le patron des armées, l'amiral Édouard Guillaud, devaient être rendues publiques par Gérard Longuet et Édouard Guillaud à 17 h 30. Sur le fond, Nicolas Sarkozy a profité des cérémonies du 14 Juillet pour confirmer le calendrier de retrait des troupes françaises, malgré les critiques de nombreux responsables de l'opposition.
Un début de retrait dès cette année
"J'ai annoncé un calendrier de retrait de nos troupes en Afghanistan, le retrait commencera dès cette année et s'étalera jusqu'en 2013", a-t-il répété à l'issue du défilé. "En accord avec nos alliés (...), nous avons décidé de passer la responsabilité de la sécurité de l'Afghanistan aux Afghans progressivement, entre cette année et 2013. C'est ce que nous faisons." "En 2014, tous les soldats français (combattants) seront partis d'Afghanistan", avait déclaré Nicolas Sarkozy mardi. Et l'Élysée a mis les points sur les "i" jeudi en assurant qu'il n'y avait "aucun changement de calendrier".
Depuis mercredi, les candidats à la primaire du PS ont plaidé pour un départ anticipé. Ségolène Royal a dénoncé "l'obstination" du chef de l'État, François Hollande a promis qu'en cas de succès à la présidentielle il n'y aurait plus de soldats "un an après l'alternance de 2012" et Martine Aubry a jugé qu'il était "temps de mettre fin à cette impasse". Leur très probable rival en 2012 a balayé ces reproches et a défendu l'engagement militaire français. "Je comprends l'émotion et je partage cette tristesse devant de jeunes soldats qui sont morts", a concédé Nicolas Sarkozy, mais "nous avons aussi des valeurs à défendre". "Nous ne pouvons pas nous contenter de discours, d'incantations, de paroles", a-t-il conclu.

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