Des commandos de la marine israélienne sont montés à bord d'un bateau français qui tentait mardi de forcer le blocus maritime de la bande de Gaza et l'ont contraint à faire route vers le port d'Ashdod, a annoncé une porte-parole de l'armée. Aucun incident lors de l'intervention n'a été signalé. "Je peux confirmer que le yacht a été pris à l'abordage et que tout s'est passé dans le calme, il n'y a pas eu de victimes", a précisé la porte-parole militaire.
Le Dignité-Al Karama et ses 16 passagers avaient quitté dimanche les eaux grecques en déclarant naviguer à destination du port égyptien d'Alexandrie puis ils avaient annoncé qu'ils modifiaient leur cap pour tenter de gagner le territoire palestinien. Son arrivée était programmée mardi dans l'après-midi. La marine israélienne était entrée en contact dans la matinée avec l'équipage, l'informant qu'il était "sur une route menant à une zone placée sous blocus maritime de sécurité au large de la côte de Gaza" et le sommant de renoncer à son projet.
"Une violation à la liberté de navigation"
"La marine lui a rappelé que toutes les marchandises qu'il était susceptible de transporter devaient être transférées légalement par les points de passage terrestres et par le port d'Ashdod", ajoutait alors la marine dans un communiqué. L'armée israélienne affirme par ailleurs dans ce communiqué que l'abordage a été rendu nécessaire puisque les militants pro-palestiniens refusaient d'obtempérer.
Ils sont montés à bord d'un navire de la marine israélienne, en direction d'Ashdod, où ils doivent être interrogés par la police, précise le texte, qui ajoute que certains d'entre eux pourraient être expulsés. En France, peu après l'abordage, Plateforme Palestine, l'un des organisateurs de la flottille, a estimé que l'arrestation du bateau était "une violation patente de la liberté de navigation en haute mer".
"Initiative de solidarité citoyenne"
"Une nouvelle fois, le gouvernement israélien répond par une démonstration de force disproportionnée, inacceptable, face à une initiative de solidarité citoyenne, explicitement non violente", dénonce l'organisation dans un communiqué. "Nous avons les plus vives inquiétudes quant au sort des passagers, qui seront vraisemblablement détenus en Israël (...) Nous exigeons du gouvernement français des informations fiables sur la situation des 16 passagers et qu'il prenne ses responsabilités pour assurer leur protection", poursuit Plateforme Palestine.
"Nous exigeons leur mise en liberté immédiate, ainsi que la restitution du bateau arraisonné." Israël, dont un commando de fusiliers-marins avait tué neuf militants turcs pro-palestiniens lors d'un assaut contre une précédente flottille pour Gaza, en mai 2010, avait annoncé qu'il s'opposerait à toute nouvelle tentative visant à forcer le blocus de l'entité palestinienne. Pour les Palestiniens et leurs partisans, ce blocus est illégal et nuit au développement économique d'un territoire dont les 1,5 million d'habitants dépendent de l'aide humanitaire internationale.
Le Dignité-Al Karama fait partie d'une nouvelle flottille internationale pour Gaza. Les neuf autres bateaux qui composaient la flottille, avec à leur bord un total de 300 militants venus de 22 pays, n'ont pas été autorisés à quitter la Grèce par les autorités, invoquant la sécurité des militants. Le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon, avait confirmé que le navire français serait intercepté s'il cherchait effectivement à atteindre Gaza.
À Paris, le ministère français des Affaires étrangères a déconseillé à ses ressortissants de participer à une nouvelle flottille en raison des risques pour leur sécurité.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire