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vendredi 29 juillet 2011

Nafissatou Diallo ne convainc pas

Nafissatou Diallo ne convainc pas


"L'accusatrice a eu son jour de gloire, mais pas au tribunal." Ainsi titrait le New York Times jeudi soir, quelques heures après la première conférence de presse de Nafissatou Diallo, au sujet de la plainte de cette dernière pour agression sexuelle contre Dominique Strauss-Kahn. "On m'a traînée dans la boue, j'ai entendu beaucoup de choses méchantes à mon sujet. C'est pourquoi je dois faire savoir aux gens que toutes les choses qui se sont dites depuis trois mois sont fausses", a déclaré la jeune femme depuis un centre protestant de New York, confirmant sa nouvelle stratégie de communication, après plusieurs interviews données aux médias américains en début de semaine.
Une attitude discutée par le New York Times. "On conseille généralement aux personnes impliquées dans des affaires criminelles d'éviter de s'exprimer avant d'être dans un tribunal ou dans le bureau de leurs avocats", écrit le quotidien. "La communauté judiciaire est exaspérée quand ce conseil n'est pas scrupuleusement suivi", poursuit le journal, qui s'en explique : "La moindre variation dans la manière dont une personne raconte des faits peut être soulignée par la défense comme une contradiction qui ronge leur crédibilité." Même avis pour le New York Daily News. "Quand bien même son histoire est crédible, la publicité qu'elle fait rend plus difficile une victoire du procureur", Cyrus Vance Jr, écrit l'éditorialiste Brian O'Dwyer. Lui aussi dit craindre qu'en s'embarquant dans une "tournée médiatique", Nafissatou Diallo ne "s'expose aux attaques de la défense". "Si on perçoit qu'elle fait tout ça pour l'argent, avant même que le dossier ne soit jugé par un tribunal, elle va perdre en crédibilité", poursuit le journal.
"Maid over"
Un argument également soulevé par le New York Post, un tabloïd qui n'avait pourtant pas ménagé Dominique Strauss-Kahn au moment où l'affaire avait explosé, en juin dernier. "La femme de ménage n'a pas réussi à convaincre qu'elle ne cherchait pas à récupérer de l'argent de l'ancien patron du FMI", écrit le journal, qui n'hésite pas à contester de manière frontale la thèse de Kenneth Thompson, l'avocat de Nafissatou Diallo, qui a affirmé mercredi que sa cliente n'avait pas prononcé la phrase "Il a beaucoup d'argent, je sais ce que je fais" peu après son agression présumée : un élément qui avait fait basculer le dossier au début du mois de juillet, DSK retrouvant sa liberté de mouvement. "Les sources du New York Postsont en désaccord avec cette interprétation et affirment que Nafissatou Diallo pensait pouvoir se faire de l'argent avec ce dossier", insiste le journal, qui titre "Maid over", vendredi matin. Un subtil jeu de mots entre "Game over" ("la partie est terminée") et "maid" (femme de ménage). 
Pour finir, le New York Times résume l'ambiance générale autour de cette affaire, qui fait de moins en moins la une des journaux américains, en citant Kenneth Thompson : "Nafissatou Diallo n'a pas à attendre que la vérité sorte d'un tribunal, elle dit la vérité aujourd'hui." Un implacable aveu d'échec.

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