Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a annoncé vendredi des élections législatives anticipées pour le 20 novembre, comme réclamé par l'opposition et une partie des socialistes, assurant avoir mis le pays sur les rails de la reprise économique. Les élections "auront lieu le 20 novembre", a déclaré José Luis Zapatero lors d'une conférence de presse, alors que le scrutin, auquel il ne va pas se représenter, était prévu en mars 2012. "C'était le choix naturel, raisonnable", a-t-il ajouté. Ces élections étaient réclamées avec insistance depuis plusieurs mois par le Parti populaire (PP), principal parti de droite du pays, et en particulier depuis la lourde défaite des socialistes de José Luis Zapatero aux élections régionales du 22 mai.
De hauts responsables du Parti socialiste (PSOE) ont penché dans le même sens y compris, selon les médias, le candidat socialiste aux élections et ex-ministre de l'Intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba. José Luis Zapatero, 50 ans, a profité de la conférence de presse où il dressait le bilan du premier semestre pour annoncer ces élections anticipées, après avoir déclaré que "le gouvernement a rempli une bonne partie des objectifs de la deuxième partie du mandat". "Dans un contexte toujours compliqué, l'économie montre des signes positifs... Nous avons posé les bases de la reprise", a-t-il affirmé, alors que l'économie espagnole a légèrement crû au premier trimestre (0,3 %) mais souffre encore d'un chômage endémique. Selon les chiffres annoncés vendredi même, 20,89 % des Espagnols sont au chômage, un léger mieux par rapport au premier trimestre mais toujours un record parmi les pays industrialisés.
Moody's menace la note espagnole
Et alors que l'économie du pays peine toujours à sortir de la crise, un nouveau coup de semonce est venu vendredi de l'agence de notation Moody's. Celle-ci a annoncé qu'elle envisageait d'abaisser la note de la dette souveraine de l'Espagne, actuellement à "Aa2", en raison des problèmes budgétaires du pays, évoquant notamment la difficulté du gouvernement à appliquer une rigueur budgétaire du fait d'un "environnement de faible croissance". "Pour cette raison, c'est le moment d'annoncer le calendrier des prochaines élections", "au nom de l'intérêt général", a-t-il dit. "Cette date nous permet de terminer des choses essentielles comme la réduction du déficit", a ajouté José Luis Zapatero, en promettant de remplir dans les semaines à venir "tous ses engagements afin de mener à bien la reprise économique".
Selon le calendrier annoncé vendredi, le prochain gouvernement pourra être en place "à partir du 1er janvier pour s'atteler à l'année économique 2012". Le chef du gouvernement, arrivé au pouvoir en 2004, réélu en 2008, avait annoncé dès avril qu'il ne se représenterait pas à l'issue de son deuxième mandat. Son numéro deux, Alfredo Pérez Rubalcaba, a été désigné candidat face au leader du PP, Mariano Rajoy, donné largement gagnant dans les sondages, au moment où les socialistes sont lourdement sanctionnés pour leur politique d'austérité face à la crise économique qui frappe le pays depuis 2008. L'écart a cependant semblé se resserrer ces dernières semaines, depuis la désignation officielle d'Alfredo Pérez Rubalcaba comme chef de file socialiste.
Selon le dernier sondage mensuel publié mercredi par le Centre d'enquêtes sociologiques, les socialistes recueillent 36 % des intentions de vote contre 43,1 % aux conservateurs, soit un écart inférieur de 3,3 points par rapport à la précédente enquête. Selon le quotidien El Mundo, M. Zapatero, en annonçant ces élections, s'est "plié aux volontés du parti et du candidat socialiste". Face aux perspectives électorales désastreuses pour les socialistes, une partie des responsables du parti s'étaient en effet prononcés pour un scrutin anticipé, face à José Luis Zapatero qui, selon son entourage, était décidé à aller coûte que coûte jusqu'au bout de la législature afin de consolider la reprise économique.
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