Martine Aubry l'assume, c'est en apprenant que Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur, serait ce lundi à Marseille pour installer un nouveau préfet de police et des effectifs supplémentaires qu'elle a décidé de contre-attaquer. La candidate à la primaire socialiste, en retard sur François Hollande dans les sondages, s'est donc invitée dans une cité phocéenne lourdement plombée par les faits divers cet été. "Mais dans les quartiers populaires, pas en préfecture", précise l'ancienne première secrétaire du PS.
Invitée de Samia Ghali, sénatrice-maire d'arrondissements, Martine Aubry est directe. "Je suis venue pour dire de manière forte que je serai la présidente de la sécurité de tous les Français", lance-t-elle d'emblée. "La politique de sécurité de Nicolas Sarkozy a été un fiasco. Le temps de l'agitation et de la communication, c'est terminé", ajoute-t-elle, fustigeant ici "les coups d'éclat permanents" du gouvernement, arguant là qu'on ne "règle pas la question de la sécurité en faisant valser les préfets. Sarkozy a utilisé la sécurité, alors qu'il faut la combattre. Il va falloir tout reprendre à zéro en 2012."
Le coup des 35 heures
Interrogé sur la sortie de la socialiste, de l'autre côté de la cité, Claude Guéant répond par une flopée de chiffres sur la délinquance. "Je voudrais rappeler que Martine Aubry s'est illustrée en introduisant les 35 heures. Dans la police, cela a conduit à l'équivalent de 8 000 suppressions de postes."
Au même moment, la maire de Lille déjeune dans un restaurant du Vieux-Port, sûre que son coup a porté. Certaine, aussi, d'avoir devancé ses concurrents à la primaire sur un thème-clé de la présidentielle. Dans l'après-midi, Manuel Valls et François Hollande ont ainsi tenté d'apporter un écho au mano a mano marseillais. Un peu tard, à en juger par les mines réjouies de l'équipe de campagne aubryiste embarquée presto dans les bagages du matin. Parmi lesquels Michel Destot, le maire de Grenoble, Pierre Cohen, son homologue toulousain et François Pupponi, maire de Sarcelles.
Passées les formules-chocs, Martine Aubry propose. "Les effectifs sont le nerf de la guerre. La révision générale des politiques publiques fait que, depuis 2007, nous avons perdu 10 700 postes de policiers et de gendarmes en France. Une de nos premières mesures sera de les rétablir." Désireuse de "réorganiser la police", elle se place clairement dans un discours plus répressif que préventif. "Il ne faut pas laisser passer le premier acte de délinquance. Il faut des sanctions et des travaux d'intérêt général." Favorable aux centres ouverts pour les primo-délinquants, elle souhaite également voir fleurir les centres disciplinaires pour les récidivistes. "La crédibilité a changé de camp sur la sécurité, martèle-t-elle en conclusion. Elle est chez nous parce que nous sommes sur le terrain." Un terrain qui risque d'être politiquement très embouteillé ces prochains mois.
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