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vendredi 19 août 2011

EELV - Cohn-Bendit, son drôle de soutien à Eva Joly

EELV - Cohn-Bendit, son drôle de soutien à Eva Joly


Matin de la deuxième journée d'été d'Europe Écologie-Les Verts. Vendredi, au cinquième étage de son hôtel clermontois, Daniel Cohn-Bendit sirote un café en feuilletant la presse. "Candidature écolo : Cohn-Bendit relance le débat", titre Le Figaro, au-dessus d'une photo de "Dany" tout sourire devant un bouquet de micros. "Pff... Fini la bouderie du congrès de La Rochelle...", lit-il. Et de soupirer, l'air faussement surpris qu'on parle autant de lui : "Mais ils parlent toujours de bouderie ! Je ne bou-de pas, moi !"
La veille, pour marquer son retour dans le débat, l'eurodéputé a de nouveau dit sa réticence à l'égard du principe même d'une candidature écologiste à la présidentielle. Une évidence selon Cohn-Bendit, qui pense dire tout haut ce que (presque) tout le monde pense tout bas.
Pour une écologie "ouverte"
Cohn-Bendit, qui soutient malgré tout Joly, à sa façon - "J'ai voté pour Eva, parce que je voulais qu'elle ait un bon score, je pensais que Hulot allait gagner", dit-il, sur le ton de l'évidence -, semble ragaillardi, depuis la défaite du plus médiatique des deux candidats à la primaire, Nicolas Hulot. D'un côté, il fait campagne tranquillement pour sa propre vision de l'écologie politique : "La vraie question, c'est comment on structure notre mouvement. Si on n'a pas trente à trente-cinq députés pour soutenir nos deux à trois ministres dans une majorité de gauche, ça ne sert à rien." Son objectif porte sur le long terme : "On a besoin de laisser émerger une organisation politique où les débats ont lieu. C'est le seul moyen de susciter l'envie. Il nous faut un rassemblement qui va au-delà des clivages pour parvenir à une sorte d'hégémonie culturelle." Et il ne se prive pas de le dire : selon lui, Hulot a échoué à démontrer en quoi consistait une écologie "ouverte".
De l'autre, il expose sa vision de l'élection présidentielle, avec le franc-parler qu'on lui connaît : "Je ne souhaite à personne ce qui est arrivé à Dominique Voynet, osciller entre 0,5 et 1,5 % pendant toute une campagne... En France, il y a 500 personnes qui ont la maladie de la présidentielle. Ils y croient. C'est une obsession. Moi, je n'ai pas envie de figurer au mausolée de cette élection..." se moque-t-il. "Et puis, on dit que ça peut présenter un intérêt si on fait un score important, mais quand on voit Bayrou aujourd'hui..."
Questions de sex-appeal
Alors, quand il s'agit d'exprimer son soutien à Joly, Cohn-Bendit se montre moins convaincant : "Eva suscite quelque chose, elle est étrangère, elle est différente. Elle incarne la morale et la justice", dit-il, l'air de réfléchir à voix haute. "Les critiques ne la touchent pas. Il faut qu'elle décline la transformation écologique et qu'elle dise que ça passe par la fédéralisation de l'Europe, pour reconquérir les 2,8 millions d'électeurs écolos des européennes", explique-t-il. 2,8 millions ? L'en croit-il capable ? Réponse, dans un haussement de sourcils : "Si on me demande, c'est ce que je vais dire." On a connu Dany meilleur communicant. 
Le Figaro, toujours : "En novembre à Lyon, Cohn-Bendit s'était inquiété auprès de quelques journalistes femmes de la première apparition sur scène de (Nicolas Hulot) : Vous le trouvez sexy, vous ? Beau gosse peut-être, mais je suis plus sexy, non ?" rapporte le quotidien. Alors, Eva Joly est-elle une candidate "sexy", peut-elle faire rêver autant que Hulot ? l'interroge-t-on. Cohn-Bendit : "La preuve que oui, puisqu'elle a gagné...", feignant d'oublier que l'élection présidentielle n'est pas réservée aux sympathisants écologistes. Et de tacler, encore une fois, sans le dire, le candidat malheureux : "On peut être sexy, mais sans la compétence, ça ne sert à rien."

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