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dimanche 28 août 2011

À La Rochelle, les socialistes passent à l'attaque

À La Rochelle, les socialistes passent à l'attaque


Dimanche, c'est Harlem Désir qui conclut l'université d'été du PS. Il est premier secrétaire par intérim, puisque Martine Aubry s'est mise en retrait depuis qu'elle s'est déclarée candidate à l'investiture pour 2012. Et le programme de la matinée n'emballe pas spécialement les cadres du parti. Discours de Maxime Bono, Olivier Falorni, Marylise Lebranchu, Laurianne Deniaud, Emmanuel Maurel et enfin, donc, Harlem Désir... Il est vrai que la présidentielle ne se joue sans doute pas là... "C'est la première fois depuis quatorze ans que je ne vais pas assister à la dernière séance !" s'amuse samedi un haut dirigeant sur le port.
Et puis cette université d'été-là fut calme... Certes, Martine Aubry a accusé son principal rival François Hollande de lui avoir cédé en 2008 un appareil qui faisait "pitié." Certes, Jean-Christophe Cambadélis, ex-premier des strauss-kahniens devenu allié de la maire de Lille, a appelé ses camarades à ne "pas être chochottes." Certes, François Hollande a séché la séance d'ouverture et Martine Aubry a assisté au premier rang aux séances plénières de ses camarades, souvent consacrées à la crise. Mais aucun véritable psychodrame dont les socialistes ont le secret n'est venu perturber cette rentrée.
Hollande creuse l'écart
Tout le monde est d'avis que la campagne pour la primaire (9 et 16 octobre) a véritablement démarré ce week-end, et les candidats Aubry et Hollande, mais aussi Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Manuel Valls, répètent depuis des mois qu'ils ne veulent plus de division, qu'ils ont compris que l'enjeu, battre Sarkozy en 2012, est supérieur à leurs petits intérêts personnels. 
Ils ont mis ce discours en application. Ils poursuivent leur course, mais chacun dans son couloir. Et c'est François Hollande qui est décidément en tête, encore un peu plus à l'issue de cette université d'été qu'à l'arrivée. Déjà, il était le favori des sondages. Dimanche, le JDD publie un sondage réalisé par Ifop. Hollande garde une avance de dix points sur sa principale adversaire Martine Aubry, à 41 % contre 31 %.
Aubry a envie
Alors le favori se permet quelques écarts à la stricte conduite qu'il s'impose depuis qu'il a dévoilé son ambition présidentielle. Il blague, assume de faire le show lors de ses discours, mêlant fond et légèreté, comme lors de sa plénière vendredi où il se lançait dans une tirade sur les riches qui "implorent, prient 'taxez-nous'" pour aider à résorber la dette. Ses proches sont confiants et ne voient pas vraiment comment Martine Aubry pourrait rattraper son retard.
Cette dernière a pourtant tout fait pour apparaître comme ayant envie, puisque c'est le contraire qui lui a tant été reproché. Une réunion vendredi, annoncée à huis clos mais finalement ouverte à certains médias, au cours de laquelle des partisans scandaient "Martine présidente !", une omniprésence lors des débats consacrés à la crise, un vrai succès devant le Mouvement des jeunes socialistes... Un proche promet qu'Aubry va "envoyer du lourd".
Royal, "du bon pain"
Mais il est difficile de nier une certaine fébrilité du côté de la maire de Lille. Un membre de la direction, qui la soutient, nous disait samedi mi riant-mi amer : "Je suis envoyé pour dire qu'elle va gagner, alorselle va gagner !'" Même Aubry admet que l'avance prise par Hollande, qui a commencé sa campagne il y a très longtemps, n'est pas négligeable. Et lorsqu'on lui demande si elle se voit gagner, elle répond que "l'on ne peut jamais être sûr à 100 %".
C'est ce que veulent penser les autres candidats. Comme le supplie Manuel Valls, "la primaire ne doit pas se résumer à Hollande et Aubry". Lui poursuit sa route, pour être "utile", tout comme Arnaud Montebourg, qui a recueilli un franc succès samedi lors de son débat sur la crise. 
Quant à Ségolène Royal, elle joue son va-tout, affirmant à qui veut l'entendre qu'elle est la meilleure et qu'elle l'emportera. La présidente de la région Poitou-Charentes s'amuse que tous les candidats et leurs équipes soient si gentils avec elle. C'est que toutes les voix comptent... Si Royal fait un bon score au premier tour de la primaire, elle sera faiseur de roi. "C'est pour ça qu'on l'embrasse tous comme du bon pain !" s'exclame un soutien de Hollande. Car l'enjeu aussi, c'est que les socialistes soient en mesure de se rassembler derrière le vainqueur, quel qu'il soit. 

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