La station balnéaire de Grandcamp-Maisy, entre Utah et Omaha Beach (Calvados), hauts lieux de mémoire du Débarquement, fait face à des marées vertes qui inquiètent sérieusement les élus locaux. "Nous avons déjà ramassé 4 880 tonnes d'algues (à 50 %/60 % vertes). On dépasse déjà la collecte 2010. On a eu cet été jusqu'à 80 cm d'épaisseur. En septembre, on avait eu jusqu'à un mètre", explique Serge Bigot, maire de la commune.
Avec ses 2 000 m3 d'algues vertes ramassées en 2010, Grandcamp est encore loin des 15 000 m3 ramassés à Saint-Michel-en-Grève, commune bretonne qui a collecté le plus d'algues en 2010, selon le Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva), qui suit le phénomène au niveau national depuis la Bretagne. En outre, en Basse-Normandie, ce qui est ramassé est un mélange en général à 50/50 d'algues vertes et d'autres algues, alors qu'en Bretagne ce ne sont quasiment que des algues vertes. Et les longues plages du Débarquement sont plus propices au ramassage que les criques bretonnes, ce qui rend le problème moins aigu. Mais la région n'est pas à l'abri du risque d'émission de gaz toxique, estime le Ceva.
Impact sur le tourisme
Le conseiller général UMP et président de la communauté de commune de Isigny-Grandcamp, Louis Lelong, est d'ailleurs "préoccupé" par le financement du ramassage et les conséquences possibles du phénomène sur l'activité touristique et ostréicole. "Pour la deuxième année consécutive, nous avons une aide exceptionnelle du conseil général qui nous permet de ramasser les algues avant qu'elles ne soient dangereuses. Mais si nous n'avons plus d'aide...", s'inquiète l'élu, qui a vu des algues vertes apparaître sur les plages environnantes.
Selon les élus, le phénomène des algues vertes s'est amplifié ces dernières années. "Il y a deux, trois ans, un hôtel sur la plage de Grandcamp a vu fuir ses clients. Les algues deviennent très vite nauséabondes. Le troisième jour, si on ne ramasse pas, c'est insupportable", explique le conseiller général. Il cherche à financer une étude de l'université pour examiner les causes de ce phénomène.
Grandcamp est en bordure de la baie des Veys, plutôt fermée, avec des cultures intensives et des particuliers ici comme ailleurs pas toujours rigoureux dans la gestion de leurs égouts. Le canton accueille des étables de quelque 100 unités mais n'a pas de production porcine significative, selon Louis Lelong. Pour l'agence de l'eau Seine-Normandie, Grandcamp est "un point singulier" dans une région d'élevage plutôt extensif qui ne connaît que "quelques pics" d'algues vertes mais "pas de phénomène permanent". Selon le Ceva, la surface couverte par les algues vertes dans le Calvados était de 76 hectares en 2010 (167 en 2009), contre 675 dans les Côtes-d'Armor, 27 en Loire-Atlantique, 71 en Vendée.
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