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mercredi 31 août 2011

Syrie : l'armée syrienne ratisse à nouveau Hama

Syrie : l'armée syrienne ratisse à nouveau Hama


Les forces syriennes, appuyées par des blindés, ont procédé à de nouvelles perquisitions dans la nuit de mardi à mercredi à Hama, à la recherche des meneurs d'une contestation qui dure depuis cinq mois, rapportent des témoins. La veille, sept manifestants avaient été tués par les forces de l'ordre à la sortie des mosquées où les Syriens ont célébré l'Aïd el-Fitr, à l'issue d'un ramadan marqué par un durcissement de la répression. L'armée a mené plusieurs offensives pendant le mois de jeûne, ce qui a valu à Damas de nouvelles sanctions internationales et les foudres de ses voisins arabes. Depuis le début du soulèvement, en mars, 2 000 civils ont été tués par les forces de l'ordre, selon les Nations unies.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé en Grande-Bretagne, rapporte mercredi que 360 civils et 113 membres de l'armée et des forces de sécurité ont été tués dans les violences politiques au cours du mois de ramadan. S'ils n'ont pas fait vaciller le président Bachar el-Assad, ses opposants ont trouvé de nouvelles raisons d'espérer dans la chute du régime de Muammar Kadhafi en Libye et dans les réactions de plus en plus vives de la communauté internationale. Un embargo européen sur les produits pétroliers, qui privera le régime baasiste d'une bonne part de ses ressources, devrait ainsi entrer en vigueur prochainement. 
"Le peuple veut l'exécution du président" (slogan manifestations)
Les États-Unis, qui se sont d'ores et déjà attaqués aux secteurs pétroliers et bancaires, ont annoncé mardi le gel des avoirs du ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Moualem, et de plusieurs autres personnalités. Hama, ville de l'Ouest parmi les plus mobilisées contre le régime de Bachar el-Assad, a été la première à faire l'expérience de l'offensive du ramadan. Damas assure que les forces gouvernementales s'en sont retirées à la mi-août, mais on y signale toujours une présence militaire importante.
"Plusieurs chars légers et des dizaines de bus, grands et petits, se sont garés sur le pont Al Hadid, à l'entrée est de Hama", a déclaré un opposant joint par téléphone. "Des centaines de soldats sont partis dans les quartiers d'Al Koussour et de Hamidia. On entendait des coups de feu", a-t-il poursuivi. Selon un autre habitant, des pick-up équipés de mitrailleuses et des bus remplis de soldats se sont rassemblés dans la nuit près du quartier d'Al Dahiria, à l'entrée nord de Hama. "Le peuple veut l'exécution du président !" ont scandé plusieurs dizaines de manifestants après la prière du soir à Hamidia, avant l'intervention de l'armée, comme le montre un document vidéo diffusé sur Youtube. 
Diffusion d'"aveux"
Les autorités syriennes, qui imputent les troubles à des "groupes terroristes armés", font état d'un demi-millier de policiers et de soldats tués en cinq mois. La télévision publique a diffusé mardi les "aveux" de deux de ces prétendus terroristes, évoquant "un plan détaillé visant à commettre des provocations et des attentats contre la police et l'armée ainsi qu'à terroriser les citoyens au nom de la liberté et de la non-violence". Un villageois a par ailleurs été tué dans la nuit par les forces de l'ordre à un point de contrôle proche de Kfarouma, dans la province d'Idlib, frontalière de la Turquie, où les défections sont de plus en plus nombreuses dans les rangs de l'armée, disent les opposants.
Sept mille Syriens, issus pour l'essentiel de cette province, ont été regroupés dans six camps de réfugiés en Turquie, selon la Fondation euroméditerranéenne de soutien aux défenseurs des droits de l'homme (FEMDH), qui les juge bien traités. Ankara, qui évalue leur nombre à plus de 10 000, les "considère toutefois comme des 'hôtes', statut qui laisse place à l'interprétation et qui ne donne pas les mêmes garanties que celui du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés", déplore-t-elle. À Damas, on assure que la plupart des réfugiés ont regagné la Syrie après l'éradication de "groupes terroristes armés" dans la province d'Idlib. 

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