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mercredi 31 août 2011

Montebourg et Aubry prennent leurs distances avec DSK avant son retour en France

Montebourg et Aubry prennent leurs distances avec DSK avant son retour en France


Sparadrap du capitaine Haddock ou chewing-gum collé : les images de la presse française diffèrent, mais illustrent bien l'embarras du Parti socialiste face au retour annoncé de Dominique Strauss-Kahn à Paris. En évoquant, mercredi, l'attitude à l'égard des femmes de l'ancien directeur du Fonds monétaire international, Martine Aubry a pris ses distances avec un homme dont la mise en cause dans une affaire de viol présumé a profondément choqué l'opinion. "Dans cette affaire, il y a le comportement d'un homme, et j'ai le droit de penser ce que je veux du comportement de Dominique vis-à-vis des femmes", a dit la candidate à la primaire socialiste sur RMC Info et BFM TV. Prononcés en pleine accélération de sa campagne, dont la parité homme-femme est l'un des thèmes phares, les propos de la maire de Lille contrastent avec son "bonheur" exprimé la semaine dernière à l'annonce de l'abandon des poursuites dont a bénéficié Dominique Strauss-Kahn devant la justice américaine.
"Elle dit peut-être les choses plus brutalement que d'habitude, mais dans la continuité : elle a toujours souligné la présomption d'innocence et le respect de la justice", dit un proche de Martine Aubry. Elle comprend aussi que la conduite cavalière, déplacée, légère de Dominique Strauss-Kahn, quel que soit le qualificatif, puisse heurter." Peu évoquée lors de l'université d'été du PS de ce week-end à La Rochelle, concentrée sur la primaire, "l'affaire" Strauss-Kahn refait la "une" à l'approche de son retour en France, "dans les jours qui viennent" selon Martine Aubry.
Un "malade mental" pour Rocard
Le soulagement a laissé place à un certain malaise, exprimé dès l'épilogue de l'affaire par les organisations féministes. Une première salve a été tirée lundi soir par Michel Rocard. "Cet homme a visiblement une maladie mentale, avec des difficultés à maîtriser ses pulsions", a dit l'ex-Premier ministre sur Canal+, provoquant la réaction indignée de ténors socialistes comme Laurent Fabius et Jack Lang. Aux bémols de Martine Aubry sont venues s'ajouter mercredi les excuses réclamées par un autre candidat à la primaire, Arnaud Montebourg. "Ayant fait des excuses au Fonds monétaire international, qui était son ancien emploi, son ancienne maison, il aurait dû certainement également les faire à l'égard des socialistes et des électeurs de toute la gauche", a dit le député sur i>Télé. Le maire de Sarcelles (Val-d'Oise) a, quant à lui, démenti l'organisation d'une "grande fête" pour le retour de Dominique Strauss-Kahn dans son ancien fief. "Rien n'est prévu ni organisé formellement pour l'instant. Il décidera lui seul de comment les choses vont se passer", a dit François Pupponi au Parisien.
À son retour en France, Dominique Strauss-Kahn trouvera un PS polarisé sur une campagne primaire où l'ancien favori des sondages pour 2012 n'a plus sa place : 80 % des Français et 77 % des sympathisants de gauche ne souhaitent pas le voir y jouer un rôle, selon un sondage CSA paru vendredi. "Il a compris que le train était parti sans lui. Il a eu aussi le sentiment d'être lâché par ses anciens amis", note un proche de l'ancien ministre de l'Économie.
Un cadeau pour Hollande ?
De fait, ses anciens soutiens, qui misaient sur lui souvent depuis des années, ont changé de camp. Pierre Moscovici est devenu le coordinateur de campagne de François Hollande, également choisi par Jean-Marie Le Guen et le maire de Lyon Gérard Collomb. Jean-Christophe Cambadélis est, lui, dans l'équipe de Martine Aubry. "La voix de Dominique Strauss-Kahn sera utile sur la crise", dit un proche de la première secrétaire "en retrait" du PS. "Mais c'est un fait : dès qu'il apparaîtra, il sera vu comme l'homme qui a couché avec une femme de chambre à New York." Peu loquace sur le sort de l'ex-directeur du FMI, qu'il a remplacé en tête des sondages, François Hollande pourrait tirer profit de cette situation.
Adversaire déclaré, bien avant l'affaire de New York, de Dominique Strauss-Kahn, avec qui il n'a passé aucun accord de désistement à la différence de Martine Aubry, le député garde ses distances selon une ligne fixée de longue date. "Je suis décidé à mener la bataille jusqu'au bout. Je n'ai aucun engagement vis-à-vis de Dominique. Je suis candidat pour gagner, pas pour figurer ou négocier. La candidature de Strauss-Kahn est vulnérable. Il ne me fait pas peur", déclarait-il en février dans Le Point.
Ségolène Royal a déclaré mercredi qu'elle ne s'exprimerait pas sur le sujet. La candidate à la primaire a annoncé que ses "seules prises de parole porteront sur des sujets qui engagent l'avenir de la France." "Vous n'aurez de ma part aucune petite phrase qui dégrade le débat présidentiel, parce que je sais que si demain j'ai cette responsabilité-là, j'aurai la responsabilité de faire monter la France d'un cran et vous pouvez compter sur moi", a t-elle ajoutée.

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