google news

samedi 3 septembre 2011

Justice - Jacques Chirac est-il en mesure d'assister à son procès ?

Justice - Jacques Chirac est-il en mesure d'assister à son procès ?


Les avocats de l'ancien chef d'État ont déclaré samedi que Jacques Chirac n'avait "plus l'entière capacité de participer au déroulement des audiences" de son procès, qui doit s'ouvrir lundi. Ils précisent qu'à "la demande de Jacques Chirac (ils ont) transmis, vendredi 2 septembre, au président du tribunal une lettre de (leur) client à laquelle était joint son dossier médical". "Dans cette lettre, le président Chirac indique au tribunal son souhait de voir le procès aller à son terme et sa volonté d'assumer ses responsabilités même s'il n'a plus l'entière capacité de participer au déroulement des audiences. Il sollicite donc que ses avocats puissent le représenter et porter sa voix durant ces audiences", poursuivent les avocats de l'ancien chef de l'État. Dans ce courrier, ajoutent-ils, Jacques Chirac "rappelle également son attachement à un des principes qui fonde notre pacte républicain et qui veut que tous les Français soient égaux face à la justice". Ils concluent le communiqué en soulignant qu'il "appartiendra au tribunal de se déterminer".
Plus tôt dans la matinée, le journal Le Monde révélait qu'une expertise neurologique demandée par Bernadette Chirac indiquait que l'ancien président n'était pas en mesure de se présenter face à ses juges. Selon ce rapport, signé du professeur Olivier Lyon-Caen, chef du service de neurologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, Jacques Chirac est dans un état de vulnérabilité qui ne lui permet pas de répondre aux questions sur son passé.
"Absences"
L'ex-chef de l'État, qui est souvent apparu fatigué ces derniers mois, serait sujet à des "absences", selon plusieurs de ses visiteurs souhaitant rester anonymes. Avant la publication du rapport, samedi matin, Me Jean Veil, l'un de ses avocats, assurait que l'ancien président serait présent au 2e jour du procès, mardi. La défense de l'ancien président n'a pas fait savoir si elle comptait demander au tribunal de lui permettre d'être représenté par ses avocats. Citée parle Journal du dimanche, la fille de l'ex-président, Claude Chirac, déclarait : "Si la question de son état de santé devait se poser, elle relèverait du président du tribunal."
La santé de M. Chirac, qui aura 79 ans en novembre, et sa capacité d'assister à son procès ont déjà fait l'objet de nombreuses spéculations. Des articles de presse l'ont décrit comme fatigué à son arrivée à Saint-Tropez, le 8 août. Il a néanmoins passé plus d'une heure, quelques jours plus tard, à signer des autographes et à poser avec les touristes sur le port, visiblement ravi. Le 11 juin, lors d'une visite en Corrèze, accompagné de François Hollande, candidat à la primaire PS pour la présidentielle, l'ex-président a provoqué une petite tempête politique en déclarant être prêt à voter pour lui en 2012. De "l'humour corrézien", a-t-il assuré ensuite. Mais les spéculations sur son état de santé ont alors repris bon train.
Démarche hésitante
Fin janvier, Le Journal du dimanche avait écrit qu'il était atteint de la maladie d'Alzheimer. Bernadette Chirac avait aussitôt démenti. "Les médecins lui ont dit qu'il n'a pas la maladie d'Alzheimer. Je les crois, a-t-elle dit le 31 janvier. "Si mon mari souffrait de cette maladie, je n'hésiterais pas à le dire." L'ex-première dame (1995-2007) a concédé que Jacques Chirac n'était "plus exactement ce qu'il a été", souffrant "par moments" de "troubles dont on ne sait pas s'ils sont liés à un effet à distance de son petit accident vasculaire cérébral ou au processus normal de vieillissement".
L'ancien président a souvent la démarche hésitante, il met la main sur l'épaule de ceux qui l'accompagnent pour trouver un appui. Durant l'été, il a un court instant été contraint de porter une attelle au poignet droit, après une chute sans gravité. Et plusieurs de ses visiteurs admettent, sous le couvert de l'anonymat, qu'il a des "absences", des "pertes de mémoire", qu'il "lui arrive de ne pas reconnaître les gens, même des proches". "Si on le voit à la télé dans un plan d'une seconde, on peut avoir le sentiment qu'il est en pleine forme. Il faut être avec lui pour comprendre" qu'il ne l'est pas, reconnaît un de ses amis.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire