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samedi 3 septembre 2011

Campus de l'UMP : Raffarin et Sarkozy réconciliés


Campus de l'UMP : Raffarin et Sarkozy réconciliés
"Pfff... tout ça pour ça ! Un petit déjeuner la semaine prochaine, et puis tout va mieux..." Fidèle d'entre les fidèles sarkozystes, Nadine Morano n'a pas son pareil pour tourner en dérision les querelles intestines du parti majoritaire. En l'occurrence, celle qui a opposé le chef de l'État à Jean-Pierre Raffarin. Vendredi, l'ancien Premier ministre a fait couler beaucoup d'encre. "Plus que nos tables rondes sur la démocratie dans le monde arabe... Vous vous rendez compte ?" s'insurge la secrétaire d'État. Furieux de s'être fait tacler par Nicolas Sarkozy parce qu'il s'était opposé à la "taxe Disney" - la hausse de la TVA sur les tickets d'entrée dans les parcs à thème -, le sénateur de la Vienne a menacé de ne plus se rendre aux petits déjeuners de la majorité. 
Mais, samedi matin, c'est en vainqueur qu'il arrive au campus de l'UMP. Assailli par une horde de perches et de caméras, Jean-Pierre Raffarin confirme d'emblée la rumeur qui circule depuis la veille : Nicolas Sarkozy a décidé de retirer le projet d'augmentation de la TVA sur les parcs à thème. "Le président me l'a confirmé hier soir par téléphone", déclare l'ex-chef du gouvernement, lequel a même obtenu la promesse d'un petit déjeuner avec le chef de l'État la semaine prochaine... C'est donc en sarkozyste convaincu qu'il commence son discours à la tribune du conseil national, livrant un vibrant plaidoyer en faveur du chef de l'État : "Il faut que notre famille politique soit rassemblée. Nous un avons un seul candidat." 
Ménager les ego
Exit, donc, la "taxe Disney" à laquelle - Sarkozy le savait - Raffarin n'était pas le seul à s'opposer. Pour autant, la réaction du centriste a déplu au sein de la majorité. Lionnel Luca, volontiers provocateur, n'a pas hésité à traiter Raffarin de "has been" et Morano parle d'un "mouvement d'humeur" ridicule : "C'est très masculin comme syndrome. Les femmes politiques ont tendance à plus se concentrer sur le fond", se moque-t-elle, avant d'ajouter, plus sérieuse : "On a des devoirs vis-à-vis des jeunes qui sont ici ! Il faut savoir mettre ses états d'âme dans la poche."
Vendredi soir, Jean-François Copé, secrétaire général du parti, qui avait lui-même émis des réserves sur la taxe la semaine dernière, s'est montré plus compréhensif avec l'ancien Premier ministre auprès des journalistes. "Chacun est écouté, entendu, respecté", a-t-il affirmé, reconnaissant du bout des lèvres : "C'est vrai que ce n'est pas génial que ça soit juste avant l'université d'été..." En coulisse, un proche collaborateur de Copé expliquait ainsi la "vexation" de l'ex-Premier ministre : "La vérité, c'est qu'il y a eu une faute psychologique avec Raffarin. Ni lui ni Jacob n'ont été prévenus des mesures du plan d'austérité." Et d'ajouter, en marmonnant : "D'ailleurs, Copé a été prévenu une heure avant lui-même." De l'importance, lorsqu'on veut apparaître rassemblé, de ménager tous les ego...

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