google news

lundi 29 août 2011

Condoleezza Rice parle du séducteur Kadhafi

Condoleezza Rice parle du séducteur Kadhafi


Muammar Kadhafi a un point faible. L'homme le plus recherché au monde ne serait pas insensible au charme de Condoleezza Rice. C'est en s'emparant la semaine dernière du palais du Guide à Bab al-Aziziya (Tripoli) que les rebelles libyens ont découvert le pot aux roses. Au milieu des statues à l'effigie du dictateur et autre Fiat 500figurait un album de photos de l'ex-secrétaire d'État américaine. 
Déjà, en 2007, le colonel avait déclaré à la chaîne qatarie Al Jazeera que Condoleezza Rice exerçait une influence considérable sur le monde arabe. "Je soutiens ma chère femme noire africaine", s'était-il enthousiasmé. "J'admire et je suis très fier de la façon dont elle se détend et donne des ordres aux dirigeants arabes [...]. Leezza, Leezza, Leezza [...]. Je l'aime vraiment beaucoup. Je l'admire et je suis fier d'elle, parce que c'est une femme noire d'origine africaine." Vous l'aurez compris, le dictateur avait même affublé sa bien-aimée d'un petit surnom : "Leezza", en lieu et place du traditionnel "Condi", employé par les proches de l'Américaine.
Un dîner et une chanson
Mais le colonel a même eu le loisir de l'appeler en face à face par son surnom, lorsqu'il l'a invitée en 2008 dans sa résidence, celle-là même que le président Reagan avait fait bombarder en 1986, en représailles à un attentat attribué à Tripoli. Kadhafi en avait profité pour littéralement couvrir de présents sa chère "Leezza" : une bague en diamants, un luth, un médaillon renfermant un portrait de lui et un exemplaire dédicacé de son Livre vert. Valeur totale des cadeaux : près de 147 000 euros. Or, la secrétaire d'État avait brisé le coeur de son hôte en déclinant l'attention, d'autant plus qu'elle avait obtenu du Guide en 2003 qu'il renonce à ses armes de destruction massive... Non pas qu'elle soit restée de marbre. Mais les responsables américains ne sont simplement pas autorisés à garder les cadeaux offerts par des dirigeants étrangers, qui plus est quand ils viennent de Libye. 
Interrogée après l'étrange découverte, Condoleezza Rice n'a pas souhaité réagir. Mais, en 2010, elle évoquait sa rencontre avec le leader libyen au micro du journaliste et réalisateur français Antoine Vitkine, sur le tournage de son documentaire Kadhafi, notre meilleur ennemi (France 5, 2011). L'ex-secrétaire d'État racontait alors qu'elle avait été invitée à dîner par le dictateur. Lors du repas spécialement concocté par le colonel, celui-ci lui avait fait don d'une vidéo réalisée en son honneur. Des attentions ainsi qu'un petit surnom qui, vous le verrez, ne lui avaient pas forcément déplu à l'époque... 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire