Les différends entre la majorité et le gouvernement sur le plan d'austérité dévoilé par François Fillon sont réglés. Tel est le message qu'ont fait passer les élus UMP mardi en début d'après-midi, avant l'ouverture du débat à l'Assemblée nationale sur le collectif budgétaire 2011, censé entériner les mesures du gouvernement ainsi que l'aide française à la Grèce.
Après la mini-fronde des derniers jours, place au vote d'un plan d'austérité de compromis dans un climat apaisé. "Deux sujets ont été discutés - la taxation sur l'hôtellerie de luxe et les plus-values immobilières hors résidence principale - et deux accords ont été trouvés qui satisfont la majorité et le gouvernement", résume Patrick Ollier dans la salle des Quatre Colonnes. Après d'intenses tractations, le Premier ministre avait prévenu ses troupes : "Il est fondamental que, dans la semaine, on ait réglé la question."
Les élus UMP présents s'emploient donc à minimiser les dissensions qui ont secoué la majorité ces derniers jours. Il est "normal qu'il y ait une discussion démocratique sur les mesures du gouvernement", juge Hervé Mariton. "Les députés UMP ne sont pas des godillots, mais l'important, c'est que la recette soit là", renchérit Patrick Ollier.
"Dire la vérité aux Français"
Au terme de l'accord avec l'exécutif, l'augmentation de la TVA sur les parcs à thème, qui avait provoqué une passe d'armes entre Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy, a été abandonnée. Elle devrait être remplacée par une taxe de 2 % sur les nuits d'hôtel de plus de quatre étoiles. Exit également la plus-value immobilière hors résidence principale, lorsque le bien concerné est conservé au moins 30 ans.
Pour Valérie Rosso-Debord, une proche du secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, si certains députés sont "peut-être inquiets pour leur réélection", la nécessité de "dire la vérité aux Français" sur la situation des finances publiques prime. L'élue de Meurthe-et-Moselle souligne que même Christian Estrosi s'est rallié à la solution du gouvernement. Le maire de Nice, qui s'était élevé contre la taxe sur les hôtels de standing, nombreux dans sa ville, assure maintenant "qu'il appartient à la majorité d'être unitaire" face à la crise. Il faut dire que ses préoccupations ont en partie été prises en compte : un amendement de ses collègues proposant de taxer de 14 % les nuits d'hôtel de plus de 300 euros a été retoqué par le gouvernement.
"Bercy a pris de vitesse les politiques"
Mais les députés UMP n'entendent pas pour autant donner un blanc-seing à François Fillon. "Ce n'est jamais agréable de voter des hausses d'impôts. Moi, ça ne me plaît pas, je suis un libéral", râle Claude Goasguen. L'élu de Paris regrette de ne pas avoir plus de temps pour discuter des mesures préparées dans l'urgence par l'administration. Une fois de plus, "Bercy a pris de vitesse les politiques. Je n'aime pas que les inspecteurs des finances se substituent à eux", lâche-t-il. Avant de reconnaître que, ces derniers temps, "les couleuvres sont nombreuses".
"La copie du gouvernement pour le budget 2011 n'est pas parfaite", abonde Hervé Mariton. Le député de la Drôme espère que, à l'avenir, l'accent sera mis plus sur la baisse des dépenses que sur la hausse des recettes. Par exemple grâce à des cessions d'actifs, comme la participation de l'État dans Renault, France Télécom ou encore Areva, lorsque la situation sur les marchés financiers le permettra.
Lionnel Luca, un représentant du collectif de la Droite populaire, est plus radical. Selon lui, les mesures fiscales prises par le gouvernement sont d'autant plus difficiles à avaler que l'ensemble de la fiscalité hexagonale est mauvais. "Je pense qu'une grande réforme fiscale devrait être le grand engagement du prochain candidat de la majorité à la présidentielle", déclare le député des Alpes-Maritimes. Un chantier que Nicolas Sarkozy a pourtant toujours soigneusement évité d'ouvrir...
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